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Le crowdfunding immobilier a longtemps été présenté comme une opportunité accessible et sécurisée. La réalité du marché depuis 2023 est plus nuancée : hausse des retards de remboursement, multiplication des défauts, dossiers de qualité inégale proposés à des investisseurs qui n'ont pas les outils pour en juger.
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Actuellement étudiant à HEC Paris et à la Sorbonne, le fondateur d'guardy développe une expertise pointue à l'intersection du droit des affaires et de l'analyse financière. Son quotidien : décortiquer des liasses fiscales, disséquer des contrats obligataires, identifier les clauses léonines que la majorité des investisseurs ignorent.
Face à la démocratisation du crowdfunding immobilier et à l'afflux de dossiers à analyser, il a développé guardy pour automatiser les tâches répétitives de la due diligence — extraction de ratios, lecture de contrats, détection des red flags — sans jamais sacrifier la rigueur méthodologique acquise en cabinet.
L'objectif est simple : mettre entre les mains de chaque investisseur particulier le niveau d'analyse qui était jusqu'ici réservé aux institutionnels et aux family offices.
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Document d'informations clés
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Cross-default, clause d'accélération, covenants financiers : tout ce que l'investisseur en crowdfunding doit savoir avant de signer.
Score guardy 3,4/5, red flags identifiés, garanties et covenants : ce que les mémorandums Anaxago ne disent pas.
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Citée dans nos témoignages, rarement expliquée par les plateformes. Ce que guardy détecte automatiquement — et pourquoi cette clause peut réduire votre remboursement en cas de défaut.
Vous venez de recevoir un mémorandum de présentation d'un projet crowdfunding immobilier. Le rendement annoncé est attractif — 9 %, 10 %, parfois plus. La plateforme affiche un beau projet avec de jolies photos et un promoteur qui inspire confiance.
Mais savez-vous vraiment ce que vous achetez ?
Depuis 2023, les retards de remboursement ont explosé sur les principales plateformes françaises. Certaines affichent aujourd'hui 1 projet sur 5 en retard ou en défaut. Ce n'est pas une fatalité : c'est le résultat d'une analyse insuffisante au moment de l'investissement.
Ce guide vous explique comment analyser un dossier de crowdfunding immobilier comme le ferait un professionnel — sans être expert-comptable ni juriste.
Les plateformes de crowdfunding sont rémunérées à la commission sur chaque projet financé. Leur intérêt financier direct est que vous investissiez, pas que vous passiez. Ce n'est pas un jugement moral — c'est simplement la réalité de leur modèle économique.
Conséquence : l'analyse de risque présentée dans le mémorandum est réalisée en interne, par des équipes dont l'objectif est de valider le projet, pas de le disqualifier. Les clauses défavorables à l'investisseur sont minimisées, les hypothèses optimistes.
La due diligence, c'est votre regard indépendant. C'est la lecture du dossier avec une posture inverse : chercher ce qui pourrait mal tourner, pas ce qui devrait bien se passer.
Avant même de commencer l'analyse, assurez-vous d'avoir ces documents :
C'est le ratio le plus important. Il mesure la part de dette dans le financement total du projet.
Formule : Dettes totales / Total du passif
Un projet financé à 85 % par de la dette n'a quasiment aucune marge de sécurité en cas de retard de construction, de dépassement de budget ou de ralentissement des ventes.
Ce pourcentage indique la part des logements déjà vendus (ou réservés) avant le démarrage des travaux.
Un projet lancé avec 15 % de pré-commercialisation dépend entièrement de la capacité du promoteur à vendre pendant les travaux. En marché tendu, c'est un pari risqué.
Vérifiez que le promoteur apporte ses propres fonds dans l'opération. Un promoteur qui investit à 0 % de fonds propres n'a aucune peau dans le jeu — si le projet échoue, c'est vous qui perdez, pas lui.
Seuil minimum : 10 à 15 % de fonds propres sur le coût total de l'opération.
Consultez les 3 derniers bilans du promoteur. Un résultat net en baisse constante sur 3 ans est un signal préoccupant, même si le dernier exercice reste positif.
C'est souvent là que se cachent les vraies surprises. Les documents juridiques sont denses, rédigés en jargon, et rarement lus en intégralité par les investisseurs particuliers.
Ces clauses permettent à la société porteuse d'émettre de nouvelles obligations ou actions, diluant mécaniquement votre participation. Elles sont parfois formulées de façon à ce que vous ne puissiez pas vous y opposer.
À chercher dans : les statuts et le contrat d'émission obligataire.
Les covenants sont des engagements pris par l'emprunteur envers les prêteurs. Leur violation peut déclencher un remboursement anticipé — ou au contraire, une clause d'accélération qui aggrave la situation.
Questions à poser : Quels sont les ratios financiers à respecter ? Que se passe-t-il en cas de violation ?
Une clause de cross-default signifie que le défaut sur un autre prêt du promoteur peut déclencher votre défaut. Autrement dit, si le promoteur a des problèmes sur un autre chantier, cela peut contaminer votre investissement.
Votre obligation est-elle garantie ? Par quoi ?
Un beau projet dans un marché immobilier en déclin reste un mauvais investissement. Vérifiez la tension du marché local (rapport offre/demande), les prix au m² pratiqués vs les prix de vente annoncés, et les projets concurrents dans le même secteur géographique.
Les retards de construction sont la première cause de retard de remboursement. Le permis de construire est-il purgé de tout recours ? Les entreprises de construction sont-elles déjà sélectionnées ?
Combien de projets a réalisé ce promoteur ? Quel est son taux de livraison dans les délais ? A-t-il déjà eu des défauts sur d'autres opérations ? Ces informations sont rarement dans le mémorandum — il faut les chercher sur les forums, rapports annuels de plateformes, ou les registres publics (Infogreffe, Bodacc).
Analyser manuellement ces 42 critères sur chaque dossier prend plusieurs heures. C'est pourquoi guardy a développé le score guardy (Analyse Normée et Automatisée des Financements Immobiliers) : une grille propriétaire qui pondère automatiquement l'ensemble de ces critères à partir de vos documents PDF.
Le score ne remplace pas votre jugement — il le structure et l'accélère.
Analyser un dossier de crowdfunding immobilier n'est pas réservé aux institutionnels. Avec la bonne méthode et les bons documents, chaque investisseur particulier peut effectuer une lecture structurée et indépendante d'un projet.
Le temps que vous y consacrez est directement proportionnel à la protection de votre capital. Dans un marché où 1 projet sur 5 est en retard sur certaines plateformes, la due diligence n'est plus une option — c'est une nécessité.
Une analyse manuelle complète prend 3 à 5 heures pour un investisseur expérimenté. Avec guardy, le rapport est généré en 20 à 40 secondes à partir de vos PDF.
Le minimum vital est le mémorandum + le DIC + les bilans du promoteur. Les statuts de la société porteuse sont fortement recommandés pour identifier les clauses juridiques à risque.
Le taux affiché (8, 9, 10 %) est le taux contractuel brut. Il ne tient pas compte du risque de défaut, des retards, ni de la fiscalité. Un taux élevé doit systématiquement s'accompagner de garanties solides — sinon, c'est une prime de risque déguisée.
Les plateformes font leur propre analyse, mais leur modèle économique les rend structurellement non-neutres. Un regard externe et indépendant est toujours préférable avant d'engager votre capital.
C'est la grille d'analyse propriétaire de guardy : 42 critères financiers, juridiques et macro pondérés automatiquement pour produire une note de 1 à 5. Une méthode structurée pour comparer objectivement des dossiers entre eux.
En 2022, le crowdfunding immobilier était l'eldorado des épargnants français. Des rendements à 9–10 %, un marché en pleine euphorie, et une promesse simple : financer la promotion immobilière en direct, sans intermédiaire bancaire.
Trois ans plus tard, le tableau est radicalement différent.
1 projet sur 3 est aujourd'hui en retard de plus de 6 mois. Deux plateformes historiques ont disparu. Et les pertes définitives commencent à se matérialiser.
Ce n'est pas une rumeur de forum. Ce sont les données du baromètre annuel Forvis Mazars / France Fintech — la référence sectorielle — croisées avec les chiffres publiés par les plateformes de suivi indépendantes.
| Indicateur | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Retards > 6 mois | 5–10 % | 20–25 % | 15–20 % | 25–30 % |
| Retards < 6 mois | < 5 % | ~10 % | 8–10 % | 8–10 % |
| Taux de défaut | ~1 % | ~2 % | 4 % | ~10 % |
| Collecte annuelle | 1 607 M€ | ~1 200 M€ | 862 M€ | 845 M€ |
| Projets financés | 1 628 | ~1 200 | ~1 000 | 1 004 |
Sources : Baromètre Forvis Mazars / France Fintech 2025, HelloCrowdfunding, Investissements Faciles
Pendant l'âge d'or (2016–2022), le crowdfunding immobilier a connu une croissance de plus de 1 000 %. Les taux d'intérêt étaient bas, le marché immobilier en hausse, et les promoteurs trouvaient facilement des acheteurs. Les retards existaient, mais restaient marginaux : moins de 10 % des projets en cours.
Puis deux chocs simultanés ont tout bousculé :
Lorsque la BCE a relevé ses taux directeurs de 0 % à 4 % en 18 mois, le crédit immobilier s'est effondré. Les promoteurs qui comptaient sur une commercialisation rapide ont vu leurs ventes s'arrêter net. Des projets financés avec 30 % de pré-commercialisation se sont retrouvés bloqués, incapables de rembourser les obligataires dans les délais.
Hausse des coûts de construction (matériaux, main-d'œuvre), baisse des transactions, gel du marché du neuf. Des promoteurs qui semblaient solides en 2021 ont déposé le bilan en 2023–2024. Et derrière chaque promoteur en difficulté : des investisseurs particuliers qui attendent leurs remboursements.
Le baromètre Forvis Mazars de mi-2024 a marqué un tournant. Pour la première fois, les chiffres officiels reconnaissaient l'ampleur du problème :
Sur HelloCrowdfunding, plateforme de suivi indépendante, le tableau était encore plus sombre : en novembre 2024, 53 % des projets en cours accusaient un retard d'au moins 12 mois sur certaines métriques de suivi.
Le baromètre Forvis Mazars 2025 ne laisse plus de place au doute :
Forvis Mazars identifie également la mécanique qui aggrave la situation : les dossiers problématiques s'accumulent plus vite qu'ils ne se résolvent. Et le ralentissement de la collecte fait que les nouveaux projets, moins nombreux, ne compensent pas le poids des anciens en difficulté.
Des sources indépendantes comme Investissements Faciles estiment le taux de défaut à près de 10 % en 2025.
Koregraf était l'une des plateformes pionnières du crowdfunding immobilier français, fondée en 2013. Rachetée par Inter Invest en 2024 dans l'espoir d'un sauvetage, elle a finalement demandé le retrait de son agrément PSFP en avril 2025.
Le 20 mai 2025, le Tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé sa liquidation judiciaire sans poursuite d'activité.
Le 21 octobre 2025, WiSEED — pionnière européenne du crowdfunding fondée à Toulouse en 2008 — est placée en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce de Toulouse. La plateforme avait financé plus de 1 200 projets pour un total de 580 millions d'euros depuis sa création.
Le 11 décembre 2025, le tribunal valide la reprise des actifs par le groupe Advenis (prepack cession). La plateforme continue son activité sous agrément PSFP, mais les projets en défaut restent à gérer.
La chute de WiSEED a été vécue comme un séisme : si WiSEED pouvait tomber, qui était vraiment à l'abri ?
Quand le problème est systémique — quand 1 projet sur 3 est en retard sur l'ensemble du marché — la diversification ne protège pas. Elle dilue les pertes, mais ne les évite pas.
Un projet à 10 % qui met 24 mois de retard à rembourser ne vous rapporte pas 10 %. Une fois prise en compte l'immobilisation du capital et le risque résiduel de perte partielle, le rendement net réel est significativement inférieur.
Koregraf et WiSEED ont démontré qu'une plateforme bien établie peut disparaître. En cas de liquidation, les recouvrements deviennent complexes, longs, et incertains — même sur des projets techniquement sains.
La collecte se stabilise : 862 millions d'euros en 2024, 845 millions en 2025. Mais cette stabilisation masque une réalité préoccupante : les anciens projets en difficulté continuent de s'accumuler, et les nouveaux projets financés sont moins nombreux pour les diluer.
Forvis Mazars ne prévoit pas de reprise franche du marché immobilier avant 2028.
Le crowdfunding immobilier n'est pas mort. Mais il a changé de nature. Ce n'est plus un produit "automatique à deux chiffres" pour l'investisseur passif. C'est une classe d'actifs qui exige désormais une vraie compétence d'analyse, une sélection rigoureuse des projets et des plateformes, et une compréhension claire des risques juridiques.
Les investisseurs qui traverseront cette période sans pertes significatives seront ceux qui auront pris le temps d'analyser sérieusement chaque dossier avant d'investir.
Selon le baromètre Forvis Mazars 2025, entre 25 et 30 % des projets accusent un retard de plus de 6 mois. En ajoutant les retards de moins de 6 mois (8–10 %), environ 1 projet sur 3 présente des difficultés de remboursement.
Koregraf a été liquidée le 20 mai 2025, laissant 198 projets et 160 M€ en gestion extinctive. WiSEED a été placée en redressement judiciaire en octobre 2025, avant d'être reprise par le groupe Advenis en décembre 2025.
Pas nécessairement. En cas de liquidation d'une plateforme, les projets continuent d'être gérés par des mandataires indépendants. Mais la procédure peut durer 2 à 5 ans, et une part des pertes reste possible selon les garanties en place.
Il reste possible d'investir, mais avec une sélectivité accrue : plateformes agréées PSFP, projets avec pré-commercialisation > 50 %, taux d'endettement < 80 %, garanties réelles vérifiées. La due diligence systématique est désormais indispensable.
Le rendement affiché est le taux contractuel brut. Il ne tient pas compte des retards, des pertes partielles, ni de la fiscalité. Dans un contexte de taux de défaut à 10 %, le rendement net réel d'un portefeuille diversifié est significativement inférieur au rendement facial.
Vous lisez un contrat d'émission obligataire pour un projet de crowdfunding immobilier. Au détour d'une clause, vous tombez sur ce mot : covenant. La phrase est sibylline : "En cas de violation d'un covenant financier, le prêteur senior dispose d'un droit d'accélération de la dette."
Ce que cette phrase signifie concrètement : si le promoteur ne respecte pas certains ratios financiers, vos obligations peuvent être exigibles immédiatement — ou au contraire, bloquées derrière un créancier prioritaire qui se sert avant vous.
Les covenants bancaires sont l'un des mécanismes les plus importants — et les moins compris — du financement immobilier. Voici ce que vous devez savoir.
Un covenant (terme anglais, parfois traduit par clause restrictive ou engagement contractuel) est une obligation inscrite dans un contrat de prêt ou d'émission obligataire, que l'emprunteur s'engage à respecter pendant toute la durée du financement.
En immobilier, les covenants encadrent le comportement financier et opérationnel du promoteur ou de la société porteuse du projet. Un covenant peut être :
Dans un financement immobilier, plusieurs créanciers coexistent : la banque senior, les obligataires (crowdfunding), parfois des mezzaneurs, et les fonds propres du promoteur. Chacun a un niveau de risque et de priorité différent.
La banque senior pose des garde-fous contractuels : si ces seuils sont franchis, elle peut agir. Pour les obligataires en crowdfunding, les covenants jouent un double rôle :
C'est la catégorie la plus courante et la plus surveillée. Ils imposent le respect de ratios financiers précis.
Moins spectaculaires mais essentiels. Ils obligent l'emprunteur à informer régulièrement ses créanciers : transmission des comptes annuels, reporting trimestriel sur l'avancement du chantier, notification immédiate en cas d'événement significatif (sinistre, retard majeur, changement de direction).
C'est l'un des plus dangereux pour les investisseurs particuliers, et l'un des moins bien compris.
Vous êtes exposé aux difficultés de l'ensemble du portefeuille du promoteur, pas seulement de votre projet. Cette clause est souvent mal décrite dans les mémorandums commerciaux des plateformes.
Ce qu'il faut chercher dans le contrat : la définition exacte du "défaut croisé" (montant minimum déclencheur, type de dette concernée), l'existence d'une période de remède, et le périmètre des entités couvertes (holding, filiales, autres véhicules du groupe).
Les covenants ne sont presque jamais résumés dans le mémorandum commercial. Pour les trouver, il faut lire :
Dans un financement bancaire classique, les covenants sont négociés entre professionnels. Dans le crowdfunding immobilier, les investisseurs particuliers sont techniquement des créanciers — mais sans les outils ni les ressources pour négocier les covenants, ni souvent pour les lire correctement.
La plateforme joue en théorie un rôle de représentant. Mais comme elle est rémunérée à la commission sur les projets financés, son intérêt à négocier des covenants protecteurs est limité. Résultat concret : des projets peuvent être présentés avec des covenants lacunaires, absents, ou dont les seuils sont fixés à des niveaux si élevés qu'ils ne se déclenchent jamais — même en situation de stress financier réel.
Un dossier de crowdfunding immobilier avec des covenants bien définis, des seuils réalistes et des mécanismes d'information clairs est un dossier sérieux. Un dossier sans covenants, avec des clauses floues ou des cross-default non bornés est un signal d'alerte.
Les covenants ne sont pas des détails juridiques. Ce sont les garde-fous qui déterminent ce qui se passe quand les choses se compliquent — ce qui, depuis 2023, arrive dans 1 projet sur 3.
Un covenant bancaire est une clause contractuelle inscrite dans un prêt ou une émission obligataire, qui impose à l'emprunteur de respecter certaines obligations pendant toute la durée du financement. En cas de violation, le créancier peut déclencher des mécanismes allant jusqu'à l'exigibilité immédiate de la dette.
Une garantie (hypothèque, fiducie-sûreté) est un droit réel sur un actif : si l'emprunteur fait défaut, le créancier peut saisir l'actif. Un covenant est une obligation comportementale : il encadre ce que l'emprunteur peut ou ne peut pas faire. Les deux peuvent coexister dans un même contrat.
Un cross-default stipule que le défaut du promoteur sur n'importe quelle autre dette peut déclencher un défaut sur vos obligations. C'est dangereux car vous êtes exposé aux difficultés de l'ensemble du portefeuille du promoteur, pas seulement de votre projet.
Oui, si des covenants sont stipulés dans le contrat d'émission obligataire en faveur des obligataires. Mais en pratique, dans le crowdfunding immobilier, les covenants protègent surtout la banque senior. Les obligataires particuliers bénéficient rarement de covenants aussi solides.
Selon les contrats : une période de remède permet d'abord au promoteur de régulariser. Si non résolu, le créancier peut accorder un waiver ou déclencher une clause d'accélération rendant toute la dette immédiatement exigible. Dans les cas les plus graves, cela aboutit à une procédure collective.
Il faut lire le contrat d'émission obligataire et les statuts de la société porteuse — pas seulement le mémorandum commercial. Guardy analyse automatiquement ces documents et identifie les covenants présents, leur nature et leurs conditions de déclenchement dans le cadre du score guardy.
Anaxago est l'une des plateformes de crowdfunding immobilier les plus sélectives de France. Fondée à Paris en 2012, elle se positionne sur un segment premium : projets de taille importante, rendements entre 8 et 12 %, dossiers destinés à des investisseurs avertis.
Son discours commercial est soigné, sa communication professionnelle. Mais la sélectivité affichée résiste-t-elle à une analyse indépendante ? Guardy ne perçoit aucune commission d'Anaxago. Cet article est construit sur un dossier réel anonymisé passé dans notre moteur guardy et sur les données publiques disponibles.
| Indicateur | Données |
|---|---|
| Fondation | 2012 (Paris) |
| Positionnement | Premium / investisseurs avertis |
| Ticket minimum | 1 000 € (variable selon projets) |
| Agrément | PSFP actif |
| Types de projets | Promotion résidentielle, hôtellerie, immobilier d'entreprise |
| Rendements annoncés | 8–12 % brut annuel |
| Durée moyenne | 18–36 mois |
Anaxago a traversé la crise du crowdfunding immobilier 2023–2025 sans procédure judiciaire — contrairement à WiSEED ou Koregraf. C'est un point positif. Mais cela ne signifie pas que ses dossiers sont exempts de risques structurels.
Dossier analysé : programme de réhabilitation d'un immeuble de bureaux en logements à Paris 13e, 24 lots, rendement annoncé 10 %, durée 30 mois. Noms anonymisés. Score et red flags réels.
Taux d'endettement : 74 %
Le LTC de 74 % est sous le seuil d'alerte guardy de 80 %. La structure de financement laisse une marge de sécurité acceptable pour absorber des imprévus de chantier.
Pré-commercialisation : 55 %
55 % des lots sont réservés à la date de levée — au-dessus du seuil minimum de 50 %. Point satisfaisant pour un projet parisien où la demande reste soutenue.
Fonds propres du promoteur : 12 %
Au-dessus du seuil guardy de 10 %. Le promoteur a une exposition réelle dans l'opération.
Évolution du résultat net : légère baisse sur 2 ans
Les bilans disponibles montrent une baisse du résultat net de 18 % entre N-2 et N-1. Pas critique, mais à surveiller dans le contexte de hausse des coûts de construction.
Clause de cross-default : présente, partiellement bornée
Le contrat prévoit un cross-default, mais avec un seuil de déclenchement à 500 000 €. Ce bornage partiel est plus protecteur que l'absence de seuil, mais reste exposé sur les engagements significatifs du promoteur.
Garanties : hypothèque de premier rang
Point fort du dossier : l'hypothèque est de premier rang sur le bien réhabilité. En cas de défaut, les obligataires passent avant les créanciers non garantis.
Clause de dilution : absente
Les statuts de la société porteuse ne prévoient pas de mécanisme de dilution des obligataires.
Covenants financiers : partiellement présents
Un covenant sur le ratio d'endettement est stipulé (LTC < 85 %), mais aucun covenant sur le DSCR ni sur la pré-commercialisation.
Clause d'information : présente
Le contrat prévoit un reporting semestriel à destination des obligataires. Peu courant dans le secteur.
Localisation : Paris 13e
Marché liquide, demande locative soutenue, prix au m² stables.
Permis de construire : obtenu, non purgé
Le PC est obtenu mais pas encore purgé de tout recours à la date de levée. Un recours pourrait retarder le chantier de 6 à 18 mois.
Calendrier de livraison : 28 mois, marge de 2 mois
Marge insuffisante sur un projet de réhabilitation parisienne, où les délais administratifs sont fréquemment sous-estimés.
Solidité du porteur : promoteur établi, 12 projets réalisés
Historique solide, aucun défaut connu.
| Niveau | Red Flag |
|---|---|
| Majeur | PC non purgé à la date de levée |
| Majeur | Marge calendaire insuffisante (2 mois) |
| Majeur | Cross-default partiellement borné |
| Majeur | Résultat net promoteur en baisse sur 2 ans |
| Observation | Covenants obligataires incomplets (pas de DSCR) |
Ce qu'Anaxago fait bien : les dossiers présentent en moyenne de meilleurs ratios financiers que la moyenne du secteur. Le LTC moyen est plus souvent sous 80 %, la pré-commercialisation plus fréquemment au-dessus de 50 %. Les hypothèques de premier rang sont plus fréquentes, les profils de promoteurs plus expérimentés, et la plateforme n'a pas subi de procédure judiciaire en 2024–2025.
Ce qui pose problème : même sur les dossiers les mieux notés, des red flags persistent. La communication commerciale reste orientée — comme toutes les plateformes, Anaxago est rémunérée à la commission. La transparence sur les retards est partielle : aucun tableau consolidé avec méthodologie indépendante n'est publié.
1. Ouvrez le projet sur la plateforme Anaxago
2. Téléchargez le mémorandum, le DIC, les statuts et les bilans disponibles
3. Uploadez vos PDF sur guardy-immo.fr
4. Obtenez votre score guardy + red flags en 30 secondes
Anaxago est une plateforme agréée PSFP qui n'a pas subi de procédure judiciaire contrairement à certains concurrents. Elle présente un profil de risque moyen parmi les meilleurs du marché. Cela ne dispense pas d'une analyse individuelle de chaque dossier.
Anaxago ne publie pas de tableau consolidé de ses retards. Sur la base des projets analysés par guardy et des données publiques disponibles, son taux de retard est inférieur à la moyenne sectorielle (estimée à 25–30 % en 2025).
Le taux affiché est le taux contractuel brut. Il est réaliste si le projet se déroule dans les délais. En cas de retard, le rendement net réel diminue mécaniquement. La due diligence permet d'évaluer la probabilité que ce taux soit effectivement délivré.
Les deux sont des plateformes agréées PSFP. Anaxago se positionne sur un segment plus premium avec des tickets plus élevés et des projets en moyenne mieux structurés. WiSEED a subi un redressement judiciaire en 2025. Les deux nécessitent une analyse dossier par dossier.
Score guardy + red flags en 30 secondes.
ClubFunding est l'une des plateformes de crowdfunding immobilier les plus actives de France. Fondée à Paris en 2015, elle affiche des volumes importants et des rendements attractifs — régulièrement entre 9 et 12 %.
Sa communication est offensive, ses projets nombreux, ses délais courts. Mais derrière le volume et les rendements affichés, que disent les chiffres réels ? Guardy ne perçoit aucune commission de ClubFunding.
| Indicateur | Données |
|---|---|
| Fondation | 2015 (Paris) |
| Total financé | > 1 milliard € cumulé |
| Agrément | PSFP actif |
| Rendements annoncés | 9–12 % brut annuel |
| Durée moyenne | 12–24 mois |
| Ticket minimum | 1 000 € |
| Situation 2025 | Activité maintenue, taux de retard non publié officiellement |
Dossier analysé : programme de promotion résidentielle en Île-de-France hors Paris, 32 logements, rendement annoncé 11 %, durée 18 mois. Noms anonymisés. Score et red flags réels.
Taux d'endettement : 87 %
Le LTC de 87 % est très au-dessus du seuil d'alerte guardy de 80 %. C'est le red flag le plus immédiat de ce dossier. Avec seulement 13 % de marge, le moindre dépassement de budget ou retard de commercialisation peut rendre le remboursement impossible dans les délais.
Pré-commercialisation : 28 %
Seulement 28 % des logements sont réservés à la date de levée. En Île-de-France hors Paris en 2024, le marché du neuf est particulièrement atone — les délais de commercialisation s'allongent considérablement.
Fonds propres du promoteur : 6 %
Largement sous le seuil guardy de 10 %. Le promoteur n'a quasi aucune exposition financière personnelle. Si le projet échoue, c'est intégralement supporté par les créanciers.
Évolution du résultat net : baisse de 31 % sur 2 ans
Signe préoccupant dans un contexte de marché difficile.
Clause de cross-default : présente, non bornée
Comme sur beaucoup de dossiers ClubFunding analysés, le cross-default est présent sans seuil minimal de déclenchement. Toute difficulté du promoteur sur l'un de ses autres projets peut contaminer votre investissement.
Garanties : aucune sûreté réelle
Ce dossier ne prévoit aucune hypothèque ni fiducie-sûreté. La seule "garantie" mentionnée est une caution personnelle du dirigeant — juridiquement fragile et pratiquement difficile à mettre en œuvre.
Clause de dilution : présente
Les statuts prévoient la possibilité d'émettre de nouvelles obligations sans accord des obligataires existants.
Covenants financiers : absents
Aucun covenant financier n'est stipulé dans le contrat d'émission. Le promoteur peut dégrader sa situation financière sans que cela déclenche le moindre mécanisme de protection.
Clause d'information : minimaliste
Un seul reporting annuel prévu — insuffisant pour un projet de 18 mois.
Localisation : Île-de-France hors Paris, marché sous tension négative
Le programme est situé dans un secteur où les prix du neuf ont reculé de 8 à 12 % entre 2022 et 2024.
Permis de construire : purgé
Seul point positif significatif sur l'axe macro.
Calendrier de livraison : 16 mois, marge de 2 mois
Insuffisante pour un programme de 32 logements. Les chantiers de cette taille présentent statistiquement 60 % de retards de plus de 2 mois.
Solidité du porteur : promoteur régional, 7 projets, 1 retard connu
Historique limité avec un retard connu sur un projet antérieur.
| Niveau | Red Flag |
|---|---|
| Critique | Taux d'endettement > 85 % |
| Critique | Pré-commercialisation < 30 % en marché atone |
| Critique | Aucune sûreté réelle (pas d'hypothèque ni fiducie) |
| Critique | Fonds propres promoteur < 10 % |
| Critique | Cross-default non borné |
| Majeur | Résultat net promoteur en baisse de 31 % sur 2 ans |
| Majeur | Absence totale de covenants obligataires |
| Majeur | Marge calendaire insuffisante (2 mois) |
| Observation | Clause de dilution dans les statuts |
| Observation | Reporting annuel insuffisant |
Avec 5 red flags critiques, ce dossier serait classé "investissement déconseillé" par la méthodologie guardy.
Ce que ClubFunding fait bien : avec plus d'un milliard cumulé, ClubFunding est l'une des plateformes les plus actives — le flux de projets est important. L'interface et l'expérience utilisateur sont parmi les meilleures du marché. L'agrément PSFP est maintenu et la diversité géographique des projets est réelle.
Ce qui pose problème : les ratios moyens des projets ClubFunding analysés par guardy sont parmi les plus préoccupants du marché. LTC élevé, pré-commercialisation faible, garanties insuffisantes — ces caractéristiques reviennent de façon récurrente. Un modèle volume qui accepte mécaniquement des projets qu'une plateforme plus sélective refuserait. Et les rendements élevés (10–12 %) sont une prime de risque, pas de la performance.
| Plateforme | Score guardy moyen | Garanties | Situation 2025 |
|---|---|---|---|
| Anaxago | 3,2–3,8 / 5 | Hypothèque 1er rang fréquente | Stable |
| WiSEED | 2,8–3,4 / 5 | Variable | Post-redressement judiciaire |
| ClubFunding | 2,3–3,0 / 5 | Souvent insuffisantes | Activité maintenue |
ClubFunding est une plateforme agréée PSFP en activité. "Fiable" ne signifie pas "sans risque" : les dossiers analysés par guardy sur cette plateforme présentent en moyenne les ratios financiers et les protections juridiques les plus préoccupants des grandes plateformes françaises.
ClubFunding ne publie pas de données consolidées sur ses retards selon une méthodologie indépendante. Les estimations issues des observatoires sectoriels suggèrent un taux significatif.
Des rendements élevés rémunèrent un risque élevé. Sur les dossiers analysés, les taux de 10–12 % correspondent systématiquement à des profils de risque élevés : endettement fort, pré-commercialisation faible, garanties insuffisantes. C'est une prime de risque, pas de la performance.
Pas nécessairement. Des projets solides existent sur toutes les plateformes. La question n'est pas d'éviter une plateforme, mais d'analyser chaque dossier individuellement. Sur ClubFunding, la vigilance doit être maximale, en particulier sur les garanties et la pré-commercialisation.
Anaxago se positionne sur un segment premium avec une sélection plus rigoureuse et des profils de promoteurs plus expérimentés. Les dossiers ClubFunding présentent en moyenne un endettement plus élevé, des garanties moins solides et une pré-commercialisation plus faible.
Score guardy + red flags en 30 secondes.
WiSEED est l'une des plateformes de crowdfunding les plus connues de France. Fondée à Toulouse en 2008, elle a financé plus de 1 200 projets pour un total de 580 millions d'euros. Elle a aussi été placée en redressement judiciaire en octobre 2025, avant d'être reprise par le groupe Advenis en décembre 2025.
Cet article n'est pas sponsorisé. Guardy ne perçoit aucune commission de WiSEED. Notre analyse est construite sur un dossier réel anonymisé, passé dans notre moteur guardy, et sur les données publiques disponibles.
| Indicateur | Données |
|---|---|
| Fondation | 2008 (Toulouse) |
| Total financé | 580 M€ (depuis création) |
| Nombre de projets | 1 200+ |
| Agrément | PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif) |
| Situation 2025 | Reprise par Advenis après redressement judiciaire (oct. 2025) |
| Taux de retard déclaré | Non publié depuis la reprise |
WiSEED a longtemps été présentée comme la référence européenne du crowdfunding. Sa chute en redressement judiciaire en 2025 a constitué un choc pour le secteur — et une leçon sur le risque plateforme que beaucoup d'investisseurs sous-estimaient.
Dossier analysé : programme de promotion résidentielle en région Occitanie, 18 logements, rendement annoncé 9,5 %, durée 24 mois. Noms anonymisés. Score et red flags réels.
Taux d'endettement : 82 %
Le LTC de 82 % est au-dessus du seuil guardy de 80 %. La marge de sécurité financière est insuffisante pour absorber un dépassement de budget ou un retard commercial.
Pré-commercialisation : 38 %
À la date de levée, seulement 38 % des logements sont réservés. En dessous du seuil minimum recommandé de 50 %. En marché ralenti (Occitanie 2023–2024), ce niveau expose fortement l'investisseur à un risque de non-remboursement dans les délais.
Fonds propres du promoteur : 8 %
Sous le seuil guardy de 10 %. En cas de difficultés, la priorité de remboursement bénéficie à la banque senior, pas aux obligataires.
Évolution du résultat net : stable sur 2 ans
Pas de signal négatif majeur sur ce point. Les bilans disponibles montrent une rentabilité modeste mais positive.
Clause de cross-default : présente, non bornée
Le contrat d'émission contient une clause de cross-default sans seuil minimal de déclenchement. Tout défaut du promoteur sur n'importe quelle autre dette peut constituer un événement de défaut sur vos obligations. Compte tenu du redressement judiciaire ultérieur de WiSEED, ce type de clause illustre parfaitement le risque systémique.
Garanties : hypothèque de second rang
Le projet offre une hypothèque — mais de second rang, derrière la banque senior. En cas de liquidation, la banque se sert en premier. Les obligataires n'ont accès au produit de la vente qu'après remboursement complet de la dette senior.
Clause de dilution : présente
Les statuts prévoient la possibilité d'émettre de nouvelles obligations sans accord préalable des obligataires existants.
Covenants financiers : absents du contrat obligataire
Aucun covenant financier n'est stipulé en faveur des obligataires. Les covenants existants protègent uniquement la banque senior.
Localisation : marché secondaire en ralentissement
Le programme est situé dans une commune de 15 000 habitants en périphérie d'une métropole régionale. Le marché local présente une tension modérée, avec des délais de commercialisation en hausse depuis mi-2023.
Permis de construire : purgé
Le PC est purgé de tout recours à la date de levée.
Calendrier de livraison : 22 mois, marge de 2 mois
Marge insuffisante : le moindre retard de chantier décale mécaniquement la date de remboursement.
Solidité du porteur : promoteur régional, 4 projets réalisés
Historique limité. Aucun défaut connu, mais l'expérience reste insuffisante pour absorber une crise de marché prolongée.
| Niveau | Red Flag |
|---|---|
| Critique | Pré-commercialisation < 40 % en marché ralenti |
| Critique | Clause de cross-default non bornée |
| Majeur | Taux d'endettement > 80 % |
| Majeur | Hypothèque de second rang uniquement |
| Majeur | Fonds propres promoteur < 10 % |
| Observation | Marge calendaire insuffisante (2 mois) |
| Observation | Clause de dilution dans les statuts |
Ce que WiSEED fait bien : interface claire et historique de projets accessible. DIC fourni systématiquement depuis 2022. Diversité des projets (résidentiel, bureaux, hôtellerie). Agrément PSFP maintenu après la reprise par Advenis.
Ce qui pose problème : le risque plateforme est désormais documenté — le redressement judiciaire de 2025 a démontré qu'une plateforme historique peut disparaître. La reprise par Advenis stabilise la situation, mais la gestion des projets en défaut reste incertaine. La transparence sur les retards reste limitée depuis la reprise.
WiSEED a été reprise par le groupe Advenis après son redressement judiciaire d'octobre 2025. La plateforme conserve son agrément PSFP et continue son activité. Le risque plateforme reste cependant plus élevé que la moyenne du secteur dans l'immédiat post-reprise.
WiSEED n'a pas publié de chiffres consolidés sur ses retards depuis la reprise par Advenis. Sur la base des données publiques antérieures et des projets analysés par guardy, le taux de retard est estimé significativement au-dessus de la moyenne sectorielle.
Les projets en cours au moment du redressement judiciaire sont gérés dans le cadre de la reprise par Advenis, avec l'appui de prestataires de recouvrement. Les délais et résultats varient selon chaque projet.
Il n'existe pas de "meilleure plateforme" — il existe des dossiers solides et des dossiers risqués sur toutes les plateformes. Ce qui compte, c'est l'analyse du projet, pas le nom de la plateforme.
Score guardy + red flags en 30 secondes.
Dans presque tous les mémorandums de crowdfunding immobilier, la plateforme mentionne une garantie. "Hypothèque de premier rang", "fiducie-sûreté", parfois les deux. Ces termes sont présentés comme des arguments rassurants — mais rares sont les investisseurs qui savent ce qu'ils signifient concrètement.
La différence entre ces deux types de garanties peut pourtant déterminer si vous récupérez votre capital en cas de défaut — ou si vous attendez plusieurs années une procédure judiciaire.
Quand vous investissez dans une obligation de crowdfunding immobilier, vous prêtez de l'argent à une société porteuse. En contrepartie, vous recevez un taux d'intérêt et, dans certains cas, une garantie sur un actif immobilier.
Cette garantie, c'est votre filet de sécurité. Elle détermine ce que vous pouvez saisir si l'emprunteur ne rembourse pas. Sans garantie, vous êtes un créancier ordinaire (chirographaire) — vous attendez votre tour dans une procédure de liquidation, après la banque et le fisc.
L'hypothèque est un droit réel sur un bien immobilier, constitué au profit du créancier. Elle permet à celui-ci, en cas de défaut, de faire saisir et vendre le bien pour se rembourser sur le prix.
Elle est inscrite au service de publicité foncière (anciennement conservation des hypothèques) et constitue une garantie "réelle" — elle porte sur un actif, pas seulement sur la promesse de remboursement du débiteur.
Le rang de l'hypothèque est central. Il détermine l'ordre dans lequel les créanciers sont désintéressés lors de la vente du bien :
L'hypothèque offre une vraie protection — mais elle comporte des délais et des incertitudes pratiques :
La fiducie-sûreté est une technique plus récente (codifiée en droit français en 2007, articles 2011 à 2030 du Code civil). Elle consiste à transférer la propriété d'un actif au créancier, à titre de garantie. Le bien n'appartient plus formellement au débiteur, mais au fiduciaire — qui le détient pour le compte du créancier bénéficiaire.
En cas de défaut, le créancier peut se faire attribuer le bien directement, sans passer par une procédure judiciaire longue. C'est ce qu'on appelle le "pacte commissoire" — la clause qui autorise ce transfert définitif de propriété.
| Critère | Hypothèque | Fiducie-sûreté |
|---|---|---|
| Mode de réalisation | Saisie immobilière (procédure judiciaire) | Attribution ou vente amiable (plus rapide) |
| Délai en cas de défaut | 18 à 36 mois | 6 à 12 mois (dans les meilleurs cas) |
| Rang en procédure collective | Soumis à l'ordre des hypothèques | Le bien est sorti du patrimoine du débiteur |
| Opposabilité en cas de faillite | Limitée par le jugement d'ouverture | Plus protectrice : le bien n'est pas dans la masse |
| Complexité de mise en œuvre | Standard, très répandue | Plus complexe, requiert un fiduciaire accrédité |
Dans le moteur guardy, l'axe juridique analyse systématiquement le type de garantie présente dans le contrat d'émission et les statuts :
La présence d'une sûreté ne suffit pas — guardy vérifie également son rang, les conditions de sa mise en œuvre et les restrictions éventuelles (accord de l'intercréditeur, restrictions contractuelles).
Il existe une situation très courante dans les dossiers de crowdfunding qui doit alerter l'investisseur : la garantie est mentionnée dans le mémorandum, mais les conditions de sa mise en œuvre la rendent inutilisable.
Les exemples les plus fréquents :
La fiducie-sûreté est structurellement plus protectrice que l'hypothèque — mais elle reste moins fréquente, car plus complexe à mettre en place. Elle est davantage utilisée sur les gros programmes ou les dossiers impliquant des investisseurs institutionnels.
Dans les deux cas, l'essentiel est de s'assurer que la garantie est :
Dans la majorité des situations de défaut, oui. Elle permet une réalisation plus rapide et offre une meilleure protection en procédure collective. En pratique, elle reste moins courante dans les dossiers de crowdfunding immobilier résidentiel.
Elle offre une protection limitée. En cas de liquidation, la banque senior récupère sa créance en premier. L'obligataire de second rang n'obtient une part du produit de vente que si celui-ci dépasse la dette senior — ce qui est loin d'être garanti.
Dans le contrat d'émission obligataire (pas dans le mémorandum commercial). Les mémorandums mentionnent souvent une garantie sans en préciser le rang ni les conditions d'exécution — c'est précisément ce que guardy analyse dans les documents bruts.
Exceptionnellement, si d'autres protections robustes existent (GAPD, caution bancaire solide, covenants stricts). En pratique, l'absence de sûreté réelle doit déclencher une analyse approfondie des autres mécanismes de protection — et souvent conduire à un refus.
Vous avez reçu un mémorandum. Le projet paraît solide, le rendement est attractif, la plateforme est connue. Avant de cliquer sur "Investir", ces 10 questions vous permettent de vérifier en quelques minutes si le dossier mérite votre capital.
Chaque question correspond à un critère réel analysé dans le score guardy guardy. Certaines se répondent en 30 secondes. D'autres nécessitent de creuser dans les documents. Toutes sont indispensables.
C'est le premier ratio à regarder. Divisez la dette totale (crédit bancaire + obligations) par le coût total de l'opération (LTC, Loan-to-Cost).
Un projet à 87 % d'endettement n'a pratiquement aucune marge de manœuvre si la construction prend du retard ou si les ventes ralentissent.
Combien de logements sont déjà vendus (ou réservés) à la date de levée de fonds ?
En 2023–2024, les projets avec moins de 40 % de pré-commercialisation ont été les premiers à accumuler des retards, notamment dans les marchés régionaux secondaires.
Un promoteur qui investit 0 € de ses propres deniers dans l'opération n'a aucune incitation financière directe à livrer dans les délais. Le minimum acceptable est 10 % de fonds propres sur le coût total.
Cette information se trouve dans le mémorandum (plan de financement) — ou dans les bilans si elle n'est pas mentionnée explicitement.
Votre obligation est-elle garantie par une hypothèque ou une fiducie-sûreté ? De quel rang ?
Cette information se trouve dans le contrat d'émission obligataire — pas toujours dans le mémorandum commercial. En savoir plus sur les types de garanties →
Un permis de construire peut faire l'objet d'un recours en annulation par des tiers (voisins, associations) pendant 2 mois après son affichage. Si le permis n'est pas "purgé de tout recours" à la date de la levée de fonds, vous êtes exposé à un risque de blocage du chantier de 6 à 18 mois.
Cette information doit figurer explicitement dans le mémorandum. Son absence est un signal d'alerte.
Si la livraison prévue est fixée à T et le remboursement à T+2 mois, le moindre retard de construction décale mécaniquement la date de remboursement.
Les retards de 6 à 12 mois sont la norme dans la promotion immobilière française. Une marge de 2 mois n'en tient pas compte.
La clause de cross-default stipule que le défaut du promoteur sur n'importe quelle autre dette peut déclencher votre défaut. Si le promoteur a des difficultés sur un autre chantier, votre investissement peut être entraîné dans la spirale.
Cette clause est souvent présente. Ce qui compte, c'est de savoir :
Comprendre les clauses de cross-default et covenants →
Nombre de projets livrés, historique de défauts, solidité du bilan : ces informations ne sont pas dans les mémorandums commerciaux. Cherchez-les sur :
Un promoteur à son premier projet avec un bilan peu capitalisé est un profil de risque élevé — même si le projet lui-même semble solide.
Les statuts de la société porteuse peuvent prévoir l'émission de nouvelles obligations sans accord des obligataires existants. Votre participation est alors diluée — mécaniquement, votre droit sur les actifs en cas de liquidation diminue.
Cette clause se trouve dans les statuts, pas dans le mémorandum. Elle est rarement évoquée spontanément par les plateformes. Comprendre la clause de dilution →
Consultez les bilans des 2 à 3 dernières années. Un résultat net en baisse régulière signale une dégradation de la rentabilité — même si l'entreprise reste rentable à court terme.
Regardez aussi la trésorerie disponible : un promoteur en tension de trésorerie reportera les remboursements sur votre projet pour honorer ses engagements bancaires.
Ces 10 questions sont le minimum. Une analyse complète couvre 42 critères. Si vous n'avez pas le temps d'effectuer cette vérification manuelle pour chaque dossier, guardy l'automatise intégralement.
Elles couvrent les principaux risques, mais une analyse complète va plus loin (42 critères dans le score guardy). Pour les dossiers importants, une analyse documentaire approfondie avec guardy est recommandée.
Dans le mémorandum (questions 1, 2, 3, 5, 6, 8), dans le contrat d'émission obligataire (questions 4, 7), et dans les statuts de la société porteuse (question 9). Les bilans du promoteur répondent aux questions 3 et 10.
Les plateformes sont rémunérées à la commission sur chaque projet financé. Leur analyse interne a structurellement un biais en faveur de la validation du projet. Un regard indépendant est toujours préférable avant d'engager votre capital.
C'est souvent la question 9 (clause de dilution) qui est la plus négligée — et qui peut avoir les conséquences les plus graves sur vos droits en cas de difficulté. Vient ensuite la question 4 (type et rang de la garantie).
"guardy a détecté une clause de dilution dans un dossier que j'allais signer sans me poser de questions. Ça m'a probablement évité une mauvaise surprise." — Julie V., investisseuse, cliente guardy.
Ce témoignage illustre un problème réel. La clause de dilution est l'une des clauses les plus dangereuses pour l'investisseur en crowdfunding immobilier — et l'une des moins connues. Elle est rarement expliquée dans les mémorandums, parfois absente des résumés contractuels, et pourtant présente dans une proportion significative des dossiers analysés.
Dans une société par actions (SAS, SA), les statuts peuvent prévoir la possibilité d'émettre de nouvelles actions ou de nouveaux titres (dont des obligations) sans l'accord préalable des porteurs existants.
En crowdfunding immobilier, cela signifie que la société porteuse du projet — celle dans laquelle vous avez investi en tant qu'obligataire — peut lever des fonds supplémentaires, diluer votre part relative dans la créance, et modifier l'équilibre des droits entre créanciers.
En période normale, la dilution est peu visible — vous continuez à percevoir vos intérêts sur la somme que vous avez investie. Mais en situation de défaut, la dilution change tout :
La société porteuse fait défaut. L'actif immobilier est saisi et vendu 1,5 M€. Les obligataires initiaux se partagent le produit au prorata de leurs créances. Vous récupérez votre part.
La société porteuse a émis une tranche supplémentaire d'obligations en cours de projet (pour financer un dépassement de budget, par exemple). Le pool total d'obligations est désormais 40 % plus élevé. L'actif est vendu 1,5 M€. Votre part du produit de vente est réduite de 40 % — même si la valeur de vente n'a pas changé.
Pire : la nouvelle tranche peut avoir été émise avec un rang prioritaire, vous relégant encore plus bas dans l'ordre de remboursement.
La clause de dilution ne figure jamais dans le mémorandum commercial. Elle se trouve dans deux endroits :
Dans le moteur guardy, l'analyse juridique vérifie systématiquement :
Si vous identifiez une clause de dilution dans un dossier, vous avez plusieurs options :
Dans tous les cas, la présence d'une clause de dilution doit être un facteur de pondération dans votre décision — pas nécessairement un refus automatique, mais un argument pour exiger des garanties compensatoires.
La clause de dilution est particulièrement dangereuse quand elle se cumule avec :
Dans ce cas, vous avez structurellement très peu de protection. C'est le profil de dossier le plus à risque analysé par guardy — souvent associé à des scores guardy inférieurs à 2,5 / 5.
Non, elle est parfaitement légale. C'est une clause contractuelle standard en droit des sociétés. Elle devient problématique pour l'investisseur uniquement quand elle n'est pas encadrée et qu'elle n'est pas portée à sa connaissance avant l'investissement.
Non. Certaines sociétés porteuses prévoient explicitement dans leurs statuts qu'aucune nouvelle émission ne peut avoir lieu sans accord des obligataires. C'est un point positif qui est valorisé dans le score guardy.
Cherchez dans le DIC (Document d'Information Clé) la section "risques spécifiques à l'instrument". La clause de dilution devrait y être mentionnée. Son absence du DIC alors qu'elle est présente dans les statuts est un défaut d'information réglementaire.
Un covenant est une obligation comportementale imposée au débiteur (ex : ne pas dépasser un certain niveau d'endettement). La clause de dilution est un droit du débiteur à émettre de nouveaux titres. Ce sont deux mécanismes distincts, qui peuvent coexister dans un même contrat.
39 définitions organisées en trois parties, alignées sur la structure du rapport de due diligence guardy — analyse financière, juridique, et du projet immobilier.
Rentabilité, liquidité, endettement — indicateurs de santé financière du promoteur.
Analyse de la croissance du chiffre d'affaires sur plusieurs exercices. Indicateur de vitalité commerciale et de régularité de l'activité du promoteur.
Définition complète →Suivi du résultat net sur plusieurs exercices. Révèle la rentabilité structurelle et l'évolution des marges du promoteur dans le temps.
Définition complète →Niveau minimum de ventes nécessaire pour couvrir l'ensemble des charges d'un programme. Mesure la résistance du projet à un ralentissement commercial.
Définition complète →Décalage de trésorerie entre le paiement des fournisseurs et l'encaissement des clients. Peut être très élevé pendant la construction d'un programme.
Définition complète →Nombre de jours de chiffre d'affaires que représente le BFR. Mesure la pression du cycle d'exploitation sur la trésorerie du promoteur.
Définition complète →Rapport entre la dette financière nette et les capitaux propres. Mesure le levier et la capacité du promoteur à absorber de nouvelles dettes.
Définition complète →Capacité à honorer les engagements à court terme avec les actifs liquides disponibles. Un ratio inférieur à 1 signale un risque de défaillance immédiate.
Définition complète →Marge nette du promoteur : résultat net en pourcentage du chiffre d'affaires. En promotion immobilière, une marge inférieure à 5 % est un signal de vigilance.
Définition complète →Return on Assets : mesure l'efficacité avec laquelle le promoteur mobilise son actif total pour générer du résultat d'exploitation.
Définition complète →Return on Equity : rendement généré sur les fonds propres investis. Un ROE supérieur au ROA indique un effet de levier positif de la dette.
Définition complète →Mécanisme par lequel l'endettement amplifie le rendement des fonds propres — positivement si le ROA dépasse le coût de la dette, négativement dans le cas contraire.
Définition complète →Sûretés, garanties, clauses contractuelles et mécanismes de protection des créanciers.
Transfert de propriété d'un actif à titre de garantie : le créancier peut se l'approprier sans saisie judiciaire en cas de défaut.
Définition complète →Sûreté immobilière conférant un droit de préférence sur le prix de vente. Le rang détermine la priorité de remboursement entre créanciers.
Définition complète →Mise en garantie d'un portefeuille de valeurs mobilières au profit d'un créancier, qui peut les saisir et les céder en cas de défaut de l'emprunteur.
Définition complète →Mise en garantie d'un compte bancaire spécifique (encaissement des ventes VEFA). Permet au créancier de bloquer les fonds en cas de défaut.
Définition complète →Garantie autonome : le garant paie sur simple demande écrite, sans qu'il soit nécessaire d'établir le défaut ou d'épuiser les recours contre l'emprunteur.
Définition complète →Engagement personnel du dirigeant ou actionnaire : le créancier peut le poursuivre directement sur son patrimoine privé, sans épuiser d'abord les recours contre la société.
Définition complète →Classification de la dette dans la structure du capital : senior, mezzanine, subordonné, obligataire. Détermine le rang de remboursement en cas de défaillance.
Définition complète →Créancier sans sûreté ni privilège légal : remboursé en dernier après tous les créanciers prioritaires. Position fréquente des investisseurs crowdfunding.
Définition complète →Convention entre créanciers senior et junior définissant leurs priorités, les clauses de standstill et la répartition des recettes en cas d'exécution des sûretés.
Définition complète →Engagements contractuels imposés à l'emprunteur : maintien de ratios financiers, obligations comportementales, restrictions sur la gestion de la société.
Définition complète →Sous-ensemble des covenants : tests périodiques de ratios (LTV, DSCR, gearing). Leur violation déclenche le processus de waiver ou constitue un défaut.
Définition complète →Loan-to-Value recalculé périodiquement à mesure que la valeur de l'actif évolue pendant la construction. Covenant fréquent dans le financement d'actifs existants.
Définition complète →Rapport entre la dette totale et le coût total de l'opération. Mesure le levier et la résistance du projet aux dépassements budgétaires.
Définition complète →Engagement de l'emprunteur de ne pas constituer de nouvelles sûretés au profit d'autres créanciers sans accord préalable, protégeant les créanciers existants.
Définition complète →Clause de contagion : le défaut sur une obligation déclenche automatiquement la déchéance du terme de toutes les autres dettes du même emprunteur.
Définition complète →Conditions contractuelles permettant d'étendre la maturité d'un prêt sans constituer un événement de défaut : avancement du projet, pré-commercialisation, absence de défaut.
Définition complète →Droit du créancier d'exiger le remboursement immédiat et intégral de la dette avant son terme, en cas de survenance d'un événement déclencheur défini au contrat.
Définition complète →Corps légal des porteurs d'obligations (masse des obligataires) et son représentant, habilité à agir en justice et voter en leur nom en cas de modification ou de défaut.
Définition complète →Indicateurs commerciaux, de marché et de risque propres à l'opération immobilière.
Profil des acquéreurs visés par le programme : primo-accédants, investisseurs, clientèle haut de gamme. Détermine le risque commercial et la sensibilité au marché local.
Définition complète →Impact d'une hausse des taux sur la capacité d'emprunt des acquéreurs et sur le coût de financement du projet. Facteur déterminant de la demande entre 2022 et 2024.
Définition complète →Risque de dépassement budgétaire lié à la hausse du coût des matériaux de construction. Géré par les contrats à prix global forfaitaire ou les clauses de révision de prix.
Définition complète →Risques liés aux évolutions de la réglementation : RE2020, ZAN, modifications de PLU, suppression d'incitations fiscales (Pinel), recours tiers sur le permis de construire.
Définition complète →Projets d'infrastructure et d'équipement à proximité du programme : nouvelles lignes de transport, ZAC, équipements publics. Facteur de valorisation ou de risque selon leur nature.
Définition complète →Comparaison du prix de vente du programme aux transactions récentes sur le marché local. Une surcote significative signale un risque de ralentissement des ventes.
Définition complète →Abattement appliqué à la valeur de marché d'un actif vendu en urgence (vente forcée). Utilisé pour calculer le taux de recouvrement réel en cas de défaillance du promoteur.
Définition complète →Pourcentage de logements réservés ou vendus avant le démarrage des travaux. Indicateur clé du risque commercial et condition d'octroi du crédit senior.
Définition complète →Distinction entre réservations préliminaires révocables et actes authentiques définitifs. Les promoteurs citent parfois les réservations en les présentant comme des ventes fermes.
Définition complète →Mandats confiés aux réseaux de vente pour commercialiser le programme : exclusifs ou non-exclusifs. L'absence de mandat signé révèle un risque commercial non structuré.
Définition complète →Mécanisme par lequel un débiteur transfère la propriété d'un actif à un fiduciaire à titre de garantie. En cas de défaut, le créancier bénéficiaire peut s'approprier l'actif sans recourir à la saisie judiciaire.
La fiducie-sûreté a été introduite en droit français par la loi du 19 février 2007, puis consolidée par l'ordonnance du 30 janvier 2009. Elle repose sur un contrat tripartite entre le constituant (le débiteur, généralement le promoteur), le fiduciaire (banque ou établissement habilité, qui reçoit et gère l'actif dans un patrimoine séparé) et le bénéficiaire (le créancier prêteur, qui peut obtenir l'attribution de l'actif en cas de défaut).
Pendant la durée du prêt, le constituant conserve la gestion économique du bien. Le mécanisme ne s'active qu'en cas de défaillance caractérisée.
Les banques seniors privilégient la fiducie-sûreté à l'hypothèque classique pour trois raisons fondamentales :
| Fiducie-sûreté | Hypothèque | |
|---|---|---|
| Propriété de l'actif | Transférée au fiduciaire | Reste chez le débiteur |
| Exécution en défaut | Attribution directe | Saisie judiciaire |
| Délai d'exécution | Quelques semaines | 18 à 36 mois |
| Procédure collective | Actif protégé (hors masse) | Gel possible des poursuites |
La présence d'une fiducie-sûreté dans un dossier est un signal positif de structuration : elle indique que le financement senior est solidement protégé. Mais elle soulève une question cruciale : qui bénéficie de cette sûreté ?
Dans la grande majorité des montages, la fiducie-sûreté est constituée au profit de la banque senior. Les investisseurs crowdfunding, prêteurs mezzanine ou subordonnés, n'en bénéficient pas. En cas de défaillance du promoteur, la banque récupère l'actif en priorité. Les crowdfunders n'ont recours qu'au résidu patrimonial de la société porteuse — souvent quasi nul après désintéressement du senior.
Déposez votre dossier de financement participatif : guardy identifie les garanties réelles, leur rang et leur impact sur votre protection en cas de défaillance.
Sûreté réelle constituée sur un immeuble, conférant à son titulaire un droit de préférence absolu sur le prix de vente en cas de défaillance de l'emprunteur. Le « premier rang » signifie qu'elle prime sur toute autre sûreté immobilière.
L'hypothèque est régie par les articles 2393 à 2425 du Code civil. Pour être opposable aux tiers, elle doit être :
La date d'inscription détermine le rang : l'hypothèque inscrite en premier est de premier rang, celle inscrite ensuite est de deuxième rang, et ainsi de suite.
Le titulaire d'une hypothèque de premier rang dispose de deux droits fondamentaux :
Dans les montages de financement immobilier, il est courant que plusieurs créanciers coexistent sur un même immeuble avec des hypothèques de rangs différents :
| Rang | Titulaire typique | Priorité en cas de saisie |
|---|---|---|
| 1er rang | Banque senior (crédit promoteur) | Remboursée en premier |
| 2ème rang | Prêteur mezzanine / plateforme | Remboursée après le 1er rang |
| Sans sûreté | Investisseurs crowdfunding | Créanciers chirographaires, en dernier |
En pratique, si le prix de vente forcée ne couvre pas la totalité des créances, le créancier de second rang peut ne récupérer qu'une partie de sa mise — et le créancier chirographaire rien du tout.
L'hypothèque reste la sûreté immobilière classique, mais elle présente un inconvénient majeur face à la fiducie-sûreté : en cas d'ouverture d'une procédure collective (redressement, liquidation judiciaire), les poursuites des créanciers hypothécaires peuvent être gelées par le tribunal pendant la période d'observation. La fiducie-sûreté, en transférant la propriété de l'actif hors du patrimoine du débiteur, évite ce gel.
Lorsqu'un dossier mentionne qu'une hypothèque de premier rang est constituée, il convient de vérifier impérativement au profit de qui elle est inscrite. Dans la majorité des cas, c'est la banque senior qui détient cette hypothèque. Les investisseurs crowdfunding sont soit titulaires d'une hypothèque de second rang (moins protectrice), soit chirographaires, sans sûreté réelle du tout.
En quelques minutes, guardy cartographie la structure de garanties d'une opération et évalue le niveau de protection réel de l'investisseur.
Clause insérée dans un contrat de sûreté qui autorise le créancier à s'approprier définitivement le bien donné en garantie en cas de défaut du débiteur, sans avoir à recourir à la procédure de saisie judiciaire.
Longtemps prohibé en droit français (considéré comme un moyen d'abuser des débiteurs en difficulté), le pacte commissoire a été légalisé par l'ordonnance du 23 mars 2006 portant réforme du droit des sûretés. Cette réforme a instauré des garde-fous essentiels :
Le pacte commissoire présente des avantages comparables à la fiducie-sûreté, mais s'applique à des sûretés déjà constituées (gage, nantissement, hypothèque) sans nécessiter de transfert préalable de propriété :
En matière de promotion immobilière, le pacte commissoire peut porter sur l'immeuble en construction, les titres de la société porteuse, ou des actifs financiers nantis. Sa présence dans un dossier signale un créancier particulièrement bien protégé, capable de récupérer rapidement le bien en cas de défaillance.
Toutefois, son activation reste soumise à une expertise contradictoire, ce qui introduit un délai et un risque de contestation. Et comme pour toutes les sûretés, la question du bénéficiaire est centrale : un pacte commissoire qui protège la banque senior ne bénéficie pas aux investisseurs crowdfunding.
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Pourcentage de logements réservés ou vendus avant le démarrage des travaux ou l'octroi du financement. C'est l'un des indicateurs les plus déterminants du risque commercial d'une opération de promotion immobilière.
Le taux de pré-commercialisation mesure la part du programme immobilier déjà sécurisée commercialement avant que les fonds ne soient mobilisés ou que les travaux ne commencent. Il distingue généralement deux niveaux d'engagement :
Certains dossiers présentent des chiffres de pré-commercialisation gonflés par des réservations simples, sans préciser combien ont été converties en actes authentiques. Cette distinction est fondamentale pour l'analyse du risque.
Le taux de pré-commercialisation conditionne directement l'obtention du crédit promoteur. Les banques imposent un seuil minimal avant de débloquer le premier tirage de fonds. Ce seuil varie selon :
En crowdfunding immobilier, les fonds levés servent souvent à financer les phases amont (achat du terrain, études, permis) avant que la pré-commercialisation ne soit atteinte. L'investisseur assume donc un risque commercial résiduel significatif.
Déposez votre notice d'information : guardy analyse le taux de pré-commercialisation, le distingue des engagements fermes et le compare aux seuils bancaires du marché.
Rapport entre le montant total des dettes d'un projet et son coût total de réalisation. Le LTC mesure le levier financier d'une opération immobilière et, par conséquent, l'exposition au risque des créanciers en cas de dépassement budgétaire.
Le coût total inclut : acquisition du terrain, coût de construction (marché entreprise), honoraires (architecte, MOE, AMO), frais financiers, frais de commercialisation, taxes et impôts de réalisation. Les fonds propres du promoteur constituent la différence entre le coût total et la dette (1 − LTC).
Ces deux ratios mesurent le levier, mais sur des bases différentes :
| LTC (Loan-to-Cost) | LTV (Loan-to-Value) | |
|---|---|---|
| Base de calcul | Coût total de l'opération | Valeur marchande de l'actif |
| Pertinent pour | Promotion immobilière (actifs à construire) | Actifs existants (SCPI, immeuble de rapport) |
| Risque mesuré | Dépassement budgétaire | Baisse de valeur de marché |
En crowdfunding de promotion immobilière, le LTC est le ratio pertinent car l'actif n'existe pas encore. Le LTV sera utilisé en phase de sortie (refinancement hypothécaire ou vente).
Dans un montage typique : la dette senior bancaire représente 60 à 70 % du coût total, le prêt crowdfunding (mezzanine) 10 à 15 %, et les fonds propres du promoteur 15 à 25 %. Le LTC agrégé (senior + mezzanine) dépasse souvent 80 %, ce qui signifie que les fonds propres réels sont faibles. En cas de dépassement, c'est le promoteur qui doit apporter des capitaux supplémentaires — ou faire défaut.
Déposez votre notice d'information : guardy extrait les données financières, calcule le LTC et évalue la robustesse des fonds propres face aux dépassements potentiels.
Ratio de couverture du service de la dette : il mesure la capacité d'un actif ou d'une entreprise à générer suffisamment de flux d'exploitation pour rembourser ses charges financières annuelles (intérêts et amortissements du capital).
Le DSCR est un ratio puissant pour les actifs générateurs de revenus récurrents : immeubles de rapport, hôtels, commerces. En revanche, son application à la promotion immobilière est limitée pour une raison structurelle : pendant la phase de construction, le programme ne génère aucun revenu locatif. L'opération vit sur ses ventes VEFA, qui interviennent ponctuellement au fur et à mesure des appels de fonds notariaux.
Dans ce contexte, les analystes substituent souvent au DSCR d'autres indicateurs :
Pour les dossiers de crowdfunding portant sur des actifs existants (refinancement d'un immeuble locatif, financement d'une foncière), le DSCR retrouve toute sa pertinence. Un DSCR inférieur à 1,0 sur un immeuble de rapport signifie que les loyers ne couvrent pas les remboursements bancaires — situation intenable à moyen terme sans apport extérieur.
Déposez votre dossier : guardy évalue la couverture de la dette, le type d'actif et adapte son analyse aux spécificités du financement (promotion, actif existant, mezzanine).
Clause de contagion automatique : tout défaut de l'emprunteur sur une obligation financière (remboursement, covenant, déclaration) entraîne immédiatement la déchéance du terme de l'ensemble de ses autres dettes, même si celles-ci sont parfaitement honorées.
Le cross-default est une disposition standard des contrats de prêt institutionnels. Son fonctionnement est simple : dès qu'un emprunteur est déclaré en défaut sur l'une de ses obligations (qu'il s'agisse d'un remboursement, d'un covenant financier ou d'une déclaration mensongère), tous ses autres créanciers bénéficiant d'une clause cross-default peuvent simultanément exiger le remboursement immédiat de leurs propres créances.
Le résultat est une cristallisation instantanée de l'ensemble du passif financier de l'emprunteur.
Pour un promoteur multi-opérations, une clause cross-default signifie qu'une défaillance sur un programme peut emporter l'ensemble de ses lignes de crédit, y compris celles attachées à des projets parfaitement sains. C'est le risque de contagion intra-groupe. L'investisseur crowdfunding sur un projet sain peut se retrouver exposé aux difficultés d'un programme voisin du même promoteur.
Déposez votre notice : guardy identifie les clauses cross-default, leurs seuils et la portée du risque de contagion sur l'ensemble du passif du promoteur.
Disposition contractuelle permettant au créancier d'exiger le remboursement immédiat et intégral du capital restant dû, avant l'échéance prévue au contrat, dès la survenance d'un événement déclencheur défini.
Les contrats de prêt institutionnels listent exhaustivement les événements susceptibles de déclencher l'accélération. Les plus fréquents en financement immobilier :
L'accélération place l'emprunteur dans une situation souvent inextricable : il doit rembourser immédiatement l'intégralité du capital, alors même qu'il traverse des difficultés financières. Si d'autres créanciers ont des clauses cross-default, l'accélération peut déclencher une cascade de remboursements simultanés, rendant tout redressement impossible sans restructuration négociée.
Ces deux mécanismes sont complémentaires mais distincts : l'accélération est le droit d'un créancier individuel d'exiger son remboursement anticipé. Le cross-default est la clause qui permet à d'autres créanciers de déclencher leur propre accélération dès que le premier créancier a activé la sienne.
Déposez votre dossier : guardy identifie les clauses d'accélération, leurs déclencheurs et évalue le risque qu'une défaillance mineure emporte l'ensemble du financement.
Document par lequel un créancier renonce formellement, pour une période définie et sous conditions, à exercer les droits que lui confère un défaut ou une violation de covenant de la part de son débiteur.
Le waiver (de l'anglais to waive : renoncer) est un acte unilatéral ou bilatéral par lequel une banque suspend l'exercice de ses droits contractuels découlant d'une situation de défaut. Il ne remet pas en cause le contrat de prêt ni la réalité du défaut constaté : il en suspend simplement les effets pour une durée déterminée.
Un waiver ne s'obtient pas gratuitement. En échange de sa renonciation temporaire, la banque demande généralement :
La mention d'un waiver accordé ou sollicité dans un dossier de crowdfunding immobilier est un signal d'alerte majeur. Elle indique que l'emprunteur se trouve ou s'est trouvé en situation de fragilité financière, que la banque a dû intervenir pour éviter un défaut formel, et que la situation du projet est sous surveillance accrue. Un projet qui n'a jamais nécessité de waiver est intrinsèquement moins risqué qu'un projet qui en a requis un.
Déposez votre dossier : guardy repère les mentions de waiver, de restructuration de dette ou de négociation avec les créanciers, et les signale dans son rapport de due diligence.
Clause contractuelle qui attribue à l'une des parties la totalité des bénéfices ou l'exonère de la totalité des pertes, rompant l'équilibre fondamental du contrat. En droit des sociétés, de telles clauses sont réputées non écrites par le Code civil.
L'expression vient du latin « leo » (lion), en référence à la fable d'Ésope et La Fontaine dans laquelle le lion s'attribue l'intégralité du butin. En droit des sociétés, la clause léonine viole le principe de contribution aux pertes qui est une condition de validité du contrat de société : tout associé doit, en théorie, participer à la fois aux bénéfices et aux pertes.
La qualification de clause léonine dans les montages de financement participatif est rarement frontale. Elle peut se dissimuler derrière des dispositions en apparence techniques :
Toute clause défavorable à l'investisseur n'est pas léonine. Une clause est simplement déséquilibrée si elle avantage une partie sans pour autant attribuer la totalité des gains ou exonérer totalement des pertes. Elle peut être licite si elle reflète un rapport de force légitime ou une prise de risque différenciée. La clause léonine, elle, franchit le seuil de l'attribution ou de l'exonération totale.
Déposez votre notice d'information : guardy identifie les clauses asymétriques, les mécanismes de rémunération déséquilibrés et les dispositions potentiellement léonines.
Créancier ne bénéficiant d'aucune sûreté réelle (hypothèque, gage, fiducie) ni d'aucun privilège légal. En cas de liquidation judiciaire, il est remboursé en dernier, après tous les créanciers prioritaires — et souvent pour un montant résiduel quasi nul.
Le terme vient du grec kheirographon (écrit à la main) : à l'origine, les créanciers chirographaires n'avaient pour preuve de leur créance qu'un simple écrit sans acte authentique ni garantie réelle. Aujourd'hui, la qualification désigne tout créancier dont la créance n'est assortie d'aucune sûreté préférentielle.
Lors d'une liquidation judiciaire, l'ordre de paiement est impératif et ne peut être modifié par convention entre les parties :
Dans la grande majorité des montages de crowdfunding immobilier français, les prêteurs particuliers sont des créanciers chirographaires de la société porteuse. Ils ne bénéficient d'aucune hypothèque à leur nom, d'aucune fiducie, d'aucun nantissement de titres. Leur seule protection formelle est le contrat de prêt obligataire.
En pratique, si la société porteuse est liquidée après épuisement de son actif par les créanciers seniors, les crowdfunders ne récupèrent rien — ou quelques centimes par euro prêté, après des années de procédure.
Déposez votre dossier : guardy cartographie la hiérarchie des créanciers et calcule le taux de recouvrement estimé en cas de défaillance du promoteur.
Entité juridique créée spécifiquement pour porter un projet immobilier et isoler son patrimoine de celui du groupe promoteur. Appelée SPV (Special Purpose Vehicle) en anglais, elle est le réceptacle exclusif du financement et des actifs de l'opération.
En France, la société porteuse est généralement constituée sous forme de SAS (Société par Actions Simplifiée), plus rarement en SARL ou SCI. Son objet social est limité à la réalisation d'une opération immobilière déterminée. Elle est détenue à 100 % par le promoteur, directement ou via une holding intermédiaire.
Sa durée de vie est calquée sur celle de l'opération : elle est créée quelques mois avant l'acquisition du terrain et dissoute après la livraison du programme et le remboursement de l'ensemble des dettes.
L'intérêt fondamental de la société porteuse est de cloisonner les risques :
Le mécanisme d'isolation présente des revers importants pour l'investisseur non averti :
Déposez votre dossier : guardy vérifie la solidité de la société porteuse, les garanties accordées et le niveau de protection réel de l'investisseur en cas de défaillance.
Mécanisme par lequel les fonds prêtés ne sont pas débloqués en totalité dès l'octroi du prêt, mais appelés progressivement au fur et à mesure de l'avancement du projet, sur présentation de justificatifs et validation de jalons contractuels.
Le tirage de fonds (ou drawdown) est un mécanisme de contrôle du risque classique dans le financement de projets. Plutôt que de mettre l'intégralité du crédit à disposition dès le premier jour, le prêteur débloque les fonds par tranches, conditionnées à l'atteinte d'étapes prédéfinies de l'opération.
Cela permet au prêteur de s'assurer que les fonds sont utilisés conformément à leur destination et que le projet avance effectivement avant d'accroître son exposition.
Le contrôle des conditions de tirage est exercé par :
En crowdfunding, les fonds sont généralement versés en une seule fois à la levée. Les tirages progressifs s'appliquent surtout à la dette bancaire senior. Il est important de vérifier si la plateforme a mis en place un mécanisme de contrôle de l'utilisation des fonds ou si ceux-ci sont directement versés à la société porteuse sans condition d'emploi.
Déposez votre dossier : guardy vérifie la cohérence entre les jalons de tirage, l'avancement déclaré et le plan de financement de l'opération.
Autorisation délivrée par l'AMF (Autorité des Marchés Financiers) permettant à une plateforme d'exercer l'activité de Prestataire de Services de Financement Participatif en France et dans l'ensemble de l'Union européenne, sous le règlement européen 2020/1503.
Le règlement européen (UE) 2020/1503 du 7 octobre 2020 a créé un cadre harmonisé pour le financement participatif en Europe. Il est entré en application le 10 novembre 2021, avec une période transitoire accordée aux plateformes existantes jusqu'au 10 novembre 2023. Depuis cette date, toute plateforme de crowdfunding opérant en France doit être agréée PSFP par l'AMF ou par l'autorité compétente d'un autre État membre.
L'agrément PSFP remplace les anciens statuts nationaux : IFP (Intermédiaire en Financement Participatif) pour le prêt, et CIP (Conseiller en Investissements Participatifs) pour les titres.
L'agrément PSFP impose des exigences significatives aux opérateurs :
| L'agrément garantit | L'agrément ne garantit pas |
|---|---|
| Le respect des obligations légales de transparence | La qualité des projets proposés |
| L'existence d'une due diligence minimale sur les porteurs | Le remboursement des investissements |
| La publication d'informations standardisées | L'absence de défaut ou de retard |
| La supervision par l'AMF | La solidité financière de la plateforme elle-même |
| Le droit de commercialiser dans l'UE | Le sérieux de la sélection des projets en pratique |
Le registre officiel ESAP (European Single Access Point) et le registre REGAFI de l'ACPR permettent de vérifier le statut de toute plateforme opérant en France. L'AMF publie également sur son site la liste des PSFPs agréés et des mises en garde contre les plateformes non autorisées.
Un plafond de 5 millions d'euros par porteur de projet sur 12 mois glissants s'applique aux levées réalisées sous agrément PSFP. Au-delà, une offre au public de titres financiers (prospectus AMF) est requise.
Déposez votre dossier : guardy contrôle le statut PSFP de la plateforme, ses statistiques de défaut publiées et la qualité du KIID fourni aux investisseurs.
Le chiffre d'affaires correspond au total des revenus générés par la vente de biens ou services sur une période donnée. Dans le crowdfunding immobilier, il reflète l'avancement des ventes d'un programme et conditionne directement la capacité de remboursement de l'emprunteur.
Le CA d'un promoteur est constitué des actes de vente signés chez le notaire (appels de fonds). Il ne faut pas confondre les réservations (promesses) avec le CA comptabilisé : seules les ventes définitives entrent dans les comptes. Un taux de réservation élevé ne se traduit en CA que si les conditions suspensives (obtention du crédit acquéreur, permis purgé) sont levées.
Guardy compare le CA prévisionnel à l'avancement réel des ventes. Un écart significatif (CA prévisionnel gonflé, taux de réservation insuffisant) constitue un signal d'alerte de premier ordre. La couverture du CA sur le coût total de l'opération (TCC) doit impérativement dépasser 100 % pour garantir la viabilité du projet.
Guardy lit le CA prévisionnel et l'avancement réel en quelques secondes.
Le résultat net est le bénéfice (ou la perte) dégagé après déduction de toutes les charges — exploitation, financières et fiscales — du chiffre d'affaires. C'est le solde final qui mesure la capacité d'un promoteur à créer de la valeur sur une opération.
Le résultat net d'une SCCV (Société Civile de Construction-Vente) découle du CA encaissé diminué du coût de revient (foncier, travaux, frais financiers, honoraires). La marge nette promoteur se situe généralement entre 6 % et 12 % du CA HT sur les opérations saines. En dessous de 5 %, le projet présente peu de matelas en cas d'aléa.
Les comptes prévisionnels des dossiers de crowdfunding présentent souvent un résultat optimiste. Guardy identifie les hypothèses de prix de vente trop élevées, les coûts de construction sous-estimés ou l'absence de provision pour aléas (5 à 8 % du coût travaux est la norme).
Guardy analyse la cohérence du résultat prévisionnel avec les conditions de marché.
Le point mort est le niveau de chiffre d'affaires à partir duquel une opération devient rentable, c'est-à-dire couvre l'intégralité de ses charges fixes et variables. Dans le crowdfunding immobilier, il correspond au taux de vente minimum à atteindre pour que le projet s'équilibre financièrement.
Pour un promoteur, le point mort se traduit souvent par un taux de précommercialisation minimum imposé par la banque avant déblocage des fonds. Ce seuil est généralement de 50 % à 70 % des lots vendus (ou réservés avec financement confirmé). En dessous, le projet ne peut pas se financer seul et dépend entièrement de ventes futures incertaines.
Un dossier qui entre en crowdfunding sans avoir atteint son point mort bancaire transfère une partie substantielle du risque commercial sur les investisseurs. Guardy évalue si le taux de réservation au moment de la levée couvre le point mort opérationnel, et si le promoteur dispose d'un volant de sécurité suffisant.
Guardy calcule le point mort et le compare aux réservations actuelles.
Le BFR mesure le décalage de trésorerie entre les décaissements (paiement des fournisseurs, coûts de construction) et les encaissements (appels de fonds des acquéreurs). Dans l'immobilier, il représente le besoin de financement court terme que le promoteur doit couvrir pendant la phase de construction.
La promotion immobilière génère un BFR structurellement positif et élevé : les fonds propres et la dette senior ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins en cours de chantier. C'est précisément pour combler ce besoin que les promoteurs recourent au financement participatif (crowdfunding immobilier), en complément ou en remplacement partiel du crédit bancaire senior.
Un BFR mal calibré entraîne des tensions de trésorerie, des retards de paiement aux entreprises générales, voire des arrêts de chantier. Guardy évalue si le plan de financement global (apport, dette senior, crowdfunding) couvre correctement le BFR prévisionnel sur toute la durée de l'opération.
Guardy analyse la couverture du BFR dans le dossier de présentation.
Le taux de rotation mesure la vitesse à laquelle une entreprise écoule ses stocks ou recouvre ses créances. Appliqué à la promotion immobilière, il évalue la rapidité avec laquelle les lots d'un programme sont vendus — un indicateur clé de la liquidité commerciale du projet.
Dans la promotion immobilière résidentielle, une rotation rapide des lots (délai moyen de vente inférieur à 3 mois par lot) signale une forte adéquation offre/demande. À l'inverse, un stock de lots invendus qui s'accumule — même si des réservations sont en cours — peut révéler un problème de prix, de localisation ou de produit.
Un taux de rotation faible sur un programme déjà livré ou proche de la livraison indique un risque de solde invendu. Ce solde immobilise la trésorerie du promoteur et peut compromettre le remboursement des obligations de crowdfunding. Guardy croise le rythme de commercialisation observé avec les délais contractuels de remboursement.
Guardy évalue le rythme des ventes par rapport aux échéances du projet.
Le gearing mesure le niveau d'endettement d'une entreprise par rapport à ses capitaux propres. Plus il est élevé, plus la structure financière repose sur la dette — et plus le risque pour les créanciers (dont les investisseurs en crowdfunding) est important en cas de défaillance.
Un gearing supérieur à 1 signifie que l'entreprise est plus endettée qu'elle ne dispose de fonds propres. Dans la promotion, des niveaux de gearing élevés (entre 2 et 4) sont courants en phase de construction intensive. Ce qui importe est la qualité des actifs couvrant cette dette et la vitesse à laquelle les ventes viennent la désendetter.
Le crowdfunding immobilier est généralement subordonné à la dette senior bancaire. Un gearing total élevé combiné à une subordination contractuelle réduit drastiquement la probabilité de remboursement intégral en cas de liquidation. Guardy contextualise le gearing en tenant compte du rang de créance des obligations.
Guardy analyse le gearing et la subordination dans chaque dossier.
Le ratio de liquidité mesure la capacité d'une entreprise à honorer ses dettes à court terme avec ses actifs liquides. Dans le cadre d'un projet de crowdfunding immobilier, il évalue si le promoteur dispose des ressources suffisantes pour faire face à ses obligations immédiates, indépendamment des ventes futures.
Le ratio de liquidité générale (current ratio) inclut les stocks et créances. Pour un promoteur, les stocks (lots en cours) ont une liquidité limitée. Le ratio de liquidité immédiate (quick ratio) exclut les stocks et donne une image plus prudente de la trésorerie réelle disponible.
Une grande part des défauts en crowdfunding immobilier trouvent leur origine dans une crise de liquidité et non dans une insolvabilité structurelle : le projet est théoriquement rentable, mais le promoteur ne dispose plus des fonds nécessaires pour payer ses entreprises ou rembourser à l'échéance. Guardy identifie ces situations en croisant le plan de trésorerie avec les encours de dette.
Guardy analyse la liquidité du promoteur pour chaque projet soumis.
La rentabilité mesure le rapport entre le résultat généré et les ressources engagées. Dans un projet immobilier, la rentabilité brute rapporte les revenus locatifs (ou le CA de vente) au coût de l'actif, tandis que la rentabilité nette intègre toutes les charges réelles pour une vision plus juste de la performance.
Dans le crowdfunding de promotion immobilière, la rentabilité pertinente est la marge opérationnelle du promoteur (résultat / CA), qui conditionne sa capacité à rembourser. Dans le crowdfunding foncier ou marchand de biens, on s'intéresse plutôt à la plus-value de cession rapportée aux fonds engagés.
Une marge nette promoteur de 8 % offre un coussin suffisant pour absorber des aléas de 5 à 7 % sans mettre en péril le remboursement des dettes. En dessous de 5 %, le moindre dérapage (coût, délai, prix de vente) peut rendre le remboursement du crowdfunding problématique. Guardy seuillise la marge selon le type d'opération et la région.
Guardy analyse la rentabilité et la sensibilité des hypothèses clés.
Le ROA (retour sur actifs) mesure l'efficacité avec laquelle une entreprise utilise l'ensemble de ses actifs pour générer un résultat. Il exprime combien de résultat net est produit pour chaque euro d'actif total détenu. Pour un promoteur immobilier, c'est un indicateur de performance globale de la structure.
Un promoteur immobilier présente généralement un bilan très chargé en actifs (terrains, programmes en cours, créances). Un ROA faible peut refléter une phase de montée en charge normale, ou au contraire une accumulation d'actifs peu performants (lots invendus, programmes bloqués). Guardy compare le ROA du promoteur avec les références sectorielles.
Contrairement au ROE qui mesure la performance des fonds propres, le ROA porte sur l'ensemble des ressources (fonds propres + dettes). Un ROA élevé avec un ROE encore plus élevé signale un recours à l'effet de levier — ce qui amplifie les gains en période favorable, mais aussi les pertes en période difficile.
Guardy extrait et compare les ratios financiers du promoteur.
Le ROE (retour sur capitaux propres) mesure la rentabilité générée par rapport aux fonds propres investis par les actionnaires. C'est l'indicateur de référence pour évaluer si un promoteur crée de la valeur pour ses associés — et indirectement, s'il dispose d'une structure financière saine pour rembourser ses dettes.
Un ROE sectoriel sain pour un promoteur immobilier se situe généralement entre 10 % et 20 %. Un ROE très élevé (> 30 %) peut signaler un levier financier excessif plutôt qu'une performance exceptionnelle. Un ROE négatif indique des pertes sur la période, signe potentiel d'une accumulation de programmes en difficulté.
Guardy ne se contente pas d'un ROE ponctuel : l'analyse porte sur la tendance sur 3 à 5 ans. Un ROE en dégradation progressive signale souvent une montée en risque qui précède les défauts, bien avant que des retards de remboursement ne soient officiellement déclarés sur les plateformes.
Guardy analyse le ROE et la tendance pluriannuelle du promoteur.
L'effet de levier désigne l'utilisation de l'endettement pour amplifier la rentabilité des fonds propres. Dans l'immobilier, il permet au promoteur de financer des opérations bien supérieures à ses capitaux propres — mais il amplifie symétriquement les pertes en cas de difficultés.
Un promoteur qui apporte 20 % de fonds propres sur une opération de 10 M€ finance 80 % par dette (bancaire + crowdfunding). Si l'opération dégage une rentabilité de 10 %, l'effet de levier permet de dégager un ROE de 30 à 40 % selon le coût de la dette. Ce mécanisme est au cœur du modèle économique de la promotion.
L'effet de levier se retourne quand le coût de la dette dépasse la rentabilité de l'actif. Avec des taux de crowdfunding immobilier entre 8 % et 12 %, et une marge promoteur sous pression, le levier peut rapidement devenir négatif. Guardy évalue si la structure de financement reste viable même en cas de dérapage de 10 % sur les hypothèses.
Guardy vérifie si l'effet de levier reste positif dans les scénarios dégradés.
Le nantissement de titres est une sûreté mobilière par laquelle le débiteur (ou un tiers) remet en garantie les parts sociales ou actions d'une société à son créancier. Dans la promotion immobilière, il est fréquent de nantir les parts de la SCCV porteuse du projet au profit du prêteur.
Le nantissement de parts sociales est régi par les articles 2355 et suivants du Code civil. Il est constitué par acte authentique ou sous seing privé et inscrit sur un registre spécial tenu par la société. Le créancier nanti dispose d'un droit de préférence sur le prix de cession des parts en cas de défaillance du débiteur.
La valeur du nantissement de titres d'une SCCV dépend directement de la valeur résiduelle du projet. En cas de défaut en fin de chantier avec peu de lots invendus, les parts peuvent n'avoir qu'une valeur limitée. Guardy évalue la qualité du nantissement en fonction de l'état d'avancement du projet et du niveau de dette résiduelle senior.
Guardy analyse les sûretés constituées et leur valeur réelle.
Le nantissement de compte bancaire est une sûreté par laquelle le titulaire d'un compte affecte en garantie le solde créditeur de ce compte au profit d'un créancier. Il est très utilisé dans les opérations de promotion immobilière pour sécuriser les fonds collectés en crowdfunding ou les comptes de réserve.
Régi par les articles L. 211-20 et suivants du Code monétaire et financier pour les instruments financiers, et par le droit commun du nantissement pour les comptes courants, ce mécanisme permet au créancier de se faire attribuer directement les fonds en cas de défaut. La convention de nantissement doit préciser le compte concerné, le plafond garanti et les conditions d'appel.
Dans les montages de financement structuré, un compte de réserve (DACRA — Debt And Coupon Reserve Account) est souvent nanti en faveur des créanciers. Ce compte, alimenté progressivement par les flux du projet, constitue un matelas de sécurité directement saisissable. Guardy vérifie si un tel mécanisme est prévu et s'il est effectivement approvisionné.
Guardy identifie et évalue les comptes nantis et comptes de réserve.
La garantie autonome à première demande (GAPD) est un engagement par lequel un garant (souvent la société mère ou un associé) s'engage à payer une somme déterminée au bénéficiaire, sur sa simple demande et sans pouvoir opposer d'exception tirée du contrat principal. C'est l'instrument de garantie le plus fort qui soit.
Contrairement à la caution (accessoire au contrat principal), la GAPD est indépendante — le garant ne peut pas se prévaloir d'un vice du contrat sous-jacent pour refuser de payer. En pratique, cela signifie qu'en cas de défaut avéré, le bénéficiaire peut appeler la garantie sans avoir à prouver la défaillance, ni attendre l'issue d'un litige.
La GAPD doit être consentie par un garant solvable : une GAPD accordée par une holding surendettée ou une structure ad hoc sans actifs n'a aucune valeur pratique. Guardy examine la capacité financière réelle du garant à honorer la garantie, et non seulement son existence formelle dans les documents de l'opération.
Guardy analyse la qualité et la solvabilité des garants dans chaque dossier.
Le cautionnement est un contrat par lequel une caution s'engage envers un créancier à exécuter l'obligation du débiteur principal si celui-ci y faillit. Contrairement à la garantie autonome, la caution peut opposer au créancier les exceptions inhérentes à la dette principale.
La caution peut être simple (la caution bénéficie du bénéfice de discussion — le créancier doit d'abord poursuivre le débiteur principal) ou solidaire (le créancier peut se retourner directement contre la caution sans poursuivre d'abord le débiteur). Dans les dossiers de crowdfunding immobilier, les cautions solidaires des dirigeants et des sociétés mères sont les plus fréquentes.
Un cautionnement n'a de valeur que si la caution est solvable. Une caution personnelle d'un dirigeant sans patrimoine significatif, ou d'une holding elle-même endettée, présente peu d'intérêt pratique. Guardy vérifie la surface financière apparente du garant et l'existence de cautionnements croisés qui pourraient diluer la protection.
Guardy évalue la solidité réelle des cautionnements présentés.
La subrogation est le mécanisme par lequel une personne (le subrogé) se substitue à une autre (le subrogeant) dans ses droits et créances. Dans le financement participatif immobilier, elle détermine si l'investisseur ou la plateforme peut se retourner contre le débiteur principal après avoir payé à la place de celui-ci.
La subrogation personnelle (articles 1346 et suivants du Code civil) permet à celui qui a payé la dette d'autrui d'être subrogé dans les droits du créancier désintéressé. En pratique, si une caution paye le créancier à la place du débiteur défaillant, elle acquiert les mêmes droits que ce créancier — y compris les sûretés réelles (hypothèques, nantissements) attachées à la créance.
Dans les structures de financement participatif, la qualité subrogatoire des droits détenus via la plateforme conditionne la capacité de recours en cas de défaut. Des titres mal structurés (obligations sans sûreté, créances non subrogées) peuvent laisser l'investisseur sans recours effectif contre les actifs du projet. Guardy examine la chaîne juridique entre l'investisseur et les garanties réelles.
Guardy analyse la chaîne juridique entre investisseurs et garanties réelles.
La convention intercréditeurs (ou intercreditor agreement) est le contrat qui organise les relations entre les différents créanciers d'un même débiteur — notamment la banque senior, le prêteur mezzanine et les porteurs d'obligations de crowdfunding. Elle détermine l'ordre de paiement, les droits de vote en cas de défaut et les règles de partage des garanties.
La convention organise la subordination (qui est payé en premier), le standstill (période pendant laquelle les créanciers subordonnés ne peuvent pas agir), les droits de cure (possibilité pour les créanciers junior de remédier au défaut à la place du débiteur) et le partage des sûretés. En l'absence de convention, les créanciers peuvent se retrouver en conflit lors d'une procédure collective.
Les fonds levés en crowdfunding sont généralement positionnés en junior ou en mezzanine dans la convention intercréditeurs. Cela signifie que la banque senior est intégralement remboursée avant que les porteurs d'obligations ne reçoivent quoi que ce soit. Guardy identifie si une convention intercréditeurs existe et quel rang y est attribué au crowdfunding.
Guardy identifie la convention intercréditeurs et la position du crowdfunding.
Les covenants financiers sont des engagements chiffrés insérés dans les contrats de prêt : le débiteur s'engage à maintenir certains ratios financiers (LTV, DSCR, gearing…) en dessous ou au-dessus de seuils définis. Leur violation déclenche des mécanismes de protection contractuels en faveur des prêteurs.
Les covenants les plus fréquents dans le financement immobilier sont : le ratio LTV (valeur du prêt / valeur du bien), le DSCR (service de la dette / revenus), le LTC (prêt / coût total) et des engagements de taux de commercialisation minimum. Leur violation sans remédiation peut déclencher l'exigibilité anticipée ou le gel des tirages.
Les covenants ne valent que s'ils sont effectivement surveillés. Dans les montages de crowdfunding, les obligations de reporting périodique (attestation de ratios, états financiers trimestriels) permettent aux créanciers de détecter une dégradation avant que le projet ne soit en défaut avéré. Guardy vérifie si ces obligations existent et si elles ont été respectées.
Guardy analyse les covenants et leur état de conformité dans chaque dossier.
Le Loan-to-Value (LTV) est le rapport entre le montant total de la dette et la valeur vénale de l'actif immobilier financé. Il mesure la couverture hypothécaire : plus le LTV est élevé, moins l'actif offre de marge de sécurité aux créanciers en cas de baisse des prix ou de vente forcée.
Contrairement au LTC (Loan-to-Cost) qui rapporte la dette au coût de revient du projet, le LTV rapporte la dette à la valeur de marché estimée à l'achèvement. Un LTV de 70 % signifie que la dette représente 70 % de la valeur future de l'actif — il faudrait donc que les prix baissent de plus de 30 % pour que la dette ne soit plus couverte par la valeur du bien.
Dans un marché en baisse, la valeur vénale se comprime tandis que la dette reste fixe — le LTV se dégrade mécaniquement. Les dossiers en crowdfunding présentés avec un LTV faible (< 60 %) offrent une meilleure protection, mais la qualité de l'expertise ayant servi à déterminer la valeur vénale est déterminante. Guardy vérifie la méthodologie et la date de l'expertise utilisée.
Guardy calcule le LTV réel et le teste en scénario de baisse de marché.
Le negative pledge est une clause contractuelle par laquelle l'emprunteur s'engage à ne pas constituer de nouvelles sûretés sur ses actifs sans l'accord préalable du prêteur bénéficiaire. Il protège le créancier contre une dilution de sa couverture garantie par des sûretés ultérieures accordées à d'autres prêteurs.
Le negative pledge n'est pas une sûreté réelle — il ne confère pas de droit prioritaire sur un actif. C'est un engagement contractuel dont la violation constitue un cas de défaut (event of default) permettant au créancier de déclarer la dette exigible par anticipation. Sa valeur dépend donc de la capacité du créancier à détecter une violation et à réagir rapidement.
Dans une opération financée par plusieurs prêteurs (banque senior + crowdfunding), le negative pledge protège le créancier senior contre des constitutions de sûretés en faveur du crowdfunding — et vice versa si la clause est réciproque. Guardy identifie les negative pledges dans les documents contractuels et vérifie si des sûretés existantes y sont conformes.
Guardy analyse les engagements négatifs dans les documents de financement.
La prorogation de délai est l'accord par lequel un créancier accepte de reporter l'échéance de remboursement d'une dette. Dans le crowdfunding immobilier, elle intervient lorsqu'un projet prend du retard et que l'émetteur demande aux porteurs d'obligations d'accepter une extension de la maturité initiale.
La prorogation requiert généralement l'approbation d'une majorité qualifiée des porteurs d'obligations réunis en assemblée (masse). Le seuil de vote varie selon les émissions (souvent 2/3 des voix présentes ou représentées). Une prorogation accordée lie tous les porteurs, y compris ceux ayant voté contre.
La prorogation n'est pas un défaut formel — c'est un accord contractuel modifiant les termes de la dette. Elle peut toutefois signaler une fragilité du projet. Guardy distingue les prorogations préventives (précaution face à un retard mineur) des prorogations de nécessité (accordées sous contrainte face à un risque de défaut imminent), qui ont des implications très différentes pour l'investisseur.
Guardy analyse l'historique de remboursement et les prorogations passées.
La masse est l'entité juridique distincte regroupant automatiquement tous les porteurs d'obligations d'une même émission. Elle leur permet d'agir collectivement vis-à-vis de l'émetteur — notamment pour voter des modifications aux conditions d'emprunt, des prorogations, ou pour intenter une action en justice.
La masse des porteurs est régie par les articles L. 228-46 et suivants du Code de commerce. Elle est dotée de la personnalité juridique et agit par l'intermédiaire d'un représentant désigné (souvent la plateforme de crowdfunding ou un tiers). Les assemblées de la masse décident à la majorité qualifiée des votes exprimés — les décisions s'imposent à tous les porteurs.
L'investisseur en obligations ne peut généralement pas agir seul contre l'émetteur en dehors de la masse : ses droits sont exercés collectivement. Cette organisation protège la cohérence des négociations mais signifie aussi qu'une majorité peut accepter une prorogation ou un réaménagement que des porteurs minoritaires refusent. Guardy vérifie qui est le représentant de la masse et comment il est mandaté.
Guardy analyse la structure de gouvernance des émissions de crowdfunding.
L'analyse de la clientèle cible consiste à identifier les acheteurs potentiels d'un programme immobilier — primo-accédants, investisseurs locatifs, retraités — et à vérifier que la demande réelle dans la zone de chalandise est suffisante pour absorber l'offre du projet dans les délais prévus.
Chaque programme cible un ou plusieurs segments : les primo-accédants sont sensibles au prix absolu et aux dispositifs d'aide (PTZ, TVA réduite en zone ANRU) ; les investisseurs locatifs recherchent des rendements et des éligibilités fiscales (Pinel, Denormandie) ; les retraités ou seniors privilégient l'accessibilité et les services. Une inadéquation entre le produit proposé et la cible effective est un signal d'alerte majeur.
Guardy croise les données démographiques locales (croissance de population, flux migratoires), les statistiques de transactions (Notaires de France, DVF), le niveau d'absorption de programmes comparables, et les indices de tension immobilière locale. Un marché où l'offre neuve dépasse structurellement la demande (ex : certaines villes moyennes avec promoteurs concurrents en simultané) fragilise la commercialisation du programme.
Guardy analyse le marché local et la pertinence de la clientèle cible.
Le taux d'absorption mesure la vitesse à laquelle les lots d'un programme immobilier neuf sont vendus sur un marché donné. Il rapporte le nombre de lots réservés ou vendus au nombre total de lots disponibles, sur une période définie.
Un taux d'absorption mensuel de 3 à 5 % des lots est considéré comme satisfaisant en promotion neuve standard. Sur des marchés tendus (Paris, Lyon, Bordeaux), ce taux peut dépasser 8 %. Sur des marchés détendus, il peut tomber sous 2 %, ce qui implique que le programme prend des années à se vendre — une situation incompatible avec les délais habituels d'un financement de crowdfunding (18 à 36 mois).
Si le taux d'absorption observé sur la zone est faible, le promoteur aura du mal à atteindre le niveau de réservations permettant de déclencher le déblocage du crédit senior, de financer la construction, et de rembourser les obligations dans les délais. Guardy confronte le taux d'absorption du projet avec les données de marché local disponibles.
Guardy compare le taux d'absorption du projet aux données de son marché.
Le risque inflationniste désigne l'impact d'une hausse des prix — matériaux, main-d'œuvre, énergie — sur le coût de revient d'un programme immobilier en cours de réalisation. Il peut éroder la marge du promoteur et compromettre le remboursement des dettes si les prix de vente ne suivent pas la même tendance.
La période 2021-2024 a vu une envolée des coûts de construction (+15 à +30 % selon les postes), portée par la hausse des matières premières, la désorganisation des chaînes d'approvisionnement et la hausse des coûts de l'énergie. Des programmes lancés en 2020 avec des devis fixes ont vu leur marge s'effondrer si les marchés de travaux n'étaient pas protégés par des clauses de prix fermes.
Les marchés à prix ferme et définitif (PFD) transfèrent le risque inflationniste sur l'entreprise de travaux. Les marchés avec révision de prix (indexation sur l'indice BT01) le partagent entre promoteur et entreprise. Guardy vérifie la nature des marchés de travaux signés et la part du coût de construction encore soumise à un risque de dérive de prix.
Guardy analyse les marchés de travaux et la sensibilité de la marge.
Le risque réglementaire recouvre l'ensemble des incertitudes liées aux évolutions législatives et normatives susceptibles d'affecter un projet immobilier : permis de construire, zonage, normes environnementales (RE2020), encadrement des loyers, ou modifications fiscales impactant la demande d'investissement.
Avant l'ouverture du chantier, le risque majeur est le recours contre le permis de construire. Des tiers (voisins, associations) peuvent attaquer le permis devant le tribunal administratif, suspendant le démarrage des travaux pour 18 à 36 mois. Guardy vérifie si le permis est purgé de tout recours et si des recours en cours sont signalés dans le dossier.
La RE2020 (réglementation environnementale 2020), les exigences DPE pour la location, les nouvelles normes acoustiques ou les obligations de biodiversité peuvent renchérir le coût de construction en cours de projet si les marchés de travaux ne les ont pas anticipées. Guardy évalue si les devis intègrent les normes applicables au dépôt de PC.
Guardy analyse la purge du permis et les risques normatifs dans chaque dossier.
Les travaux modificatifs acquéreurs (TMA) sont les modifications apportées au logement en cours de construction à la demande de l'acheteur, en plus ou à la place des prestations standard. Bien que souvent source de revenus complémentaires, ils peuvent générer des surcoûts, des retards et des conflits si mal encadrés.
Chaque TMA modifie le planning d'intervention des corps d'état et peut créer des interfaces complexes entre entreprises. Des TMA nombreux ou tardifs (demandés après le démarrage des travaux du lot) peuvent décaler la livraison de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, avec des effets en cascade sur l'ensemble du programme. Guardy vérifie si le planning intègre une marge pour les TMA.
Les TMA génèrent des plus-values de contrat (revenus supplémentaires pour le promoteur) mais engagent aussi la responsabilité contractuelle si les modifications ne sont pas livrées conformément aux engagements. Un volume élevé de TMA complexes peut fragiliser la relation avec l'entreprise générale et accroître le risque de pénalités de retard.
Guardy évalue le volume de modifications acquéreurs et leur impact sur le planning.
Le prix au m² est la valeur unitaire de référence pour évaluer un bien immobilier. Dans l'analyse d'un programme neuf en crowdfunding, comparer les prix de vente prévus avec les prix de marché locaux est fondamental : un prix trop élevé réduit la commercialisabilité du programme ; un prix trop bas peut signaler une marge insuffisante.
Le neuf se vend traditionnellement avec une prime de 15 à 25 % par rapport à l'ancien sur le même secteur, justifiée par les garanties constructeur, les économies d'énergie et les dernières normes. Si le prix de vente neuf prévu dans le dossier dépasse la valeur ancien + prime standard, le programme présente un risque de commercialisation élevé — les acquéreurs arbitreront vers l'ancien.
Les données de référence proviennent des bases DVF (Demandes de Valeurs Foncières), des statistiques des Notaires de France, des observatoires locaux de l'immobilier et des prix affichés des programmes concurrents. Guardy croise ces sources avec les prix prévus dans le dossier pour calculer un taux de risque de commercialisation.
Guardy analyse les prix m² prévus et leur cohérence avec le marché.
La décote sur valeur de marché est l'écart négatif entre la valeur estimée d'un bien immobilier et le prix auquel il pourrait effectivement être cédé rapidement (vente forcée ou sous contrainte de délai). Elle représente le coussin de sécurité réel dont disposent les créanciers garantis par une hypothèque ou un nantissement sur cet actif.
Une expertise immobilière détermine une valeur vénale en supposant un délai de commercialisation raisonnable (6 à 12 mois) et un vendeur non contraint. En cas de vente forcée (liquidation judiciaire, exécution de garantie), le bien doit être cédé rapidement — souvent dans les 3 à 6 mois. Cette contrainte de délai impose une décote typiquement comprise entre 15 % et 35 % selon la liquidité du marché local.
Un LTV de 70 % sur valeur expertise semble confortable. Mais avec une décote de vente forcée de 25 %, la valeur réalisable tombe à 75 % de la valeur expertise, réduisant de facto la couverture réelle à 70 % ÷ 75 % ≈ 93 % — ce qui ne laisse pratiquement aucune marge. Guardy intègre une décote de réalisation dans le calcul de la couverture effective des garanties.
Guardy intègre les décotes de marché dans l'évaluation des garanties.
Le tableau des ventes (ou tableau de commercialisation) recense lot par lot l'état des ventes d'un programme immobilier : lots libres, réservés (avec ou sans financement confirmé), signés en VEFA, et livrés. C'est le document central pour évaluer l'avancement commercial réel d'un projet.
Un tableau complet indique pour chaque lot : la référence, la surface, le prix de vente, le statut (libre / réservé / VEFA signée / livré), la date de réservation, et le nom du notaire. Il distingue les réservations simples (contrats de réservation CCMI ou VEFA) des actes authentiques signés — seuls ces derniers constitutent un engagement ferme et définitif.
Un taux de réservation élevé mais sans progression vers les actes notariés peut indiquer des défections (acquéreurs n'ayant pas obtenu leur crédit). Un taux de rétractation élevé (> 10 %) est un signal sérieux. Guardy compare la date des réservations avec les échéances contractuelles pour détecter des réservations anciennes qui auraient dû se transformer en actes depuis longtemps.
Guardy lit et interprète le tableau des ventes pour chaque dossier soumis.
Le contrat de promotion immobilière (CPI) est le contrat par lequel un promoteur s'engage envers un maître d'ouvrage à réaliser, pour un prix convenu, un programme immobilier dans sa globalité — de la conception à la livraison. Il transfère la responsabilité de la réalisation sur le promoteur et constitue le cadre contractuel central d'une opération.
Le CPI (régi par les articles 1831-1 et suivants du Code civil) engage le promoteur à livrer l'ouvrage dans les délais convenus, dans le respect du budget et des normes. En cas de dépassement de coût, le promoteur en supporte la charge sauf clause contraire. La garantie de livraison à prix et délai convenus (GFA) est souvent souscrite pour couvrir le maître d'ouvrage.
L'existence d'un CPI signé avec une entreprise générale solide réduit le risque d'exécution. En revanche, un projet sans CPI (promoteur qui autogère les corps d'état séparés) présente un risque d'organisation plus élevé. Guardy vérifie l'existence des contrats clés, la solidité des entreprises engagées et la présence d'une GFA.
Guardy vérifie l'existence et la solidité des contrats d'entreprise dans chaque dossier.
guardy est un outil d'analyse indépendant dédié au crowdfunding immobilier et aux SCPI. Il a été conçu pour donner à chaque investisseur particulier le niveau d'analyse que seuls les institutionnels pouvaient se permettre jusqu'ici.
Entre 2022 et 2025, le crowdfunding immobilier s'est démocratisé à grande vitesse — et les défauts ont suivi. Près d'un projet sur trois est aujourd'hui en retard. Des plateformes historiques ont disparu. Des milliers d'investisseurs particuliers ont découvert, après coup, que les dossiers qu'ils avaient financés contenaient des clauses contractuelles défavorables, des ratios financiers sous les seuils d'alerte, ou des garanties illusoires.
Le problème n'est pas que ces risques étaient cachés. Ils étaient dans les documents — bilans, statuts, contrats d'émission. Mais ces documents sont longs, techniques, et fastidieux à lire. Résultat : la plupart des investisseurs ne les lisent pas, ou les lisent sans les grille de lecture nécessaires pour en extraire les signaux critiques.
guardy automatise cette lecture. En quelques dizaines de secondes, le moteur guardy extrait les 42 indicateurs clés d'un dossier, les confronte aux seuils sectoriels, et produit un rapport structuré avec red flags hiérarchisés et score sur 5. Ce n'est pas une recommandation d'investissement — c'est une grille de lecture objective, au service de la décision de l'investisseur.
Actuellement étudiant à HEC Paris et à la Sorbonne, le fondateur d'guardy développe une expertise à l'intersection du droit des affaires et de l'analyse financière. Son quotidien : décortiquer des liasses fiscales, disséquer des contrats obligataires, identifier les clauses léonines que la majorité des investisseurs ignorent.
Face à la démocratisation du crowdfunding immobilier et à l'afflux de dossiers à analyser, il a développé guardy pour automatiser les tâches répétitives de la due diligence — extraction de ratios, lecture de contrats, détection des red flags — sans jamais sacrifier la rigueur méthodologique acquise en cabinet.
L'objectif est simple : mettre entre les mains de chaque investisseur particulier le niveau d'analyse qui était jusqu'ici réservé aux institutionnels et aux family offices.
Le score guardy (Analyse Normée et Automatisée des Financements Immobiliers) est la grille propriétaire de guardy. Elle évalue chaque dossier sur 42 critères répartis en trois axes :
Un score ≥ 4/5 indique un profil solide. Entre 3 et 4, des fragilités ponctuelles méritent attention. En dessous de 3, des risques structurels sont présents — la majorité des défauts constatés sur le marché proviennent de dossiers qui auraient obtenu un score inférieur à 2,5.
guardy ne perçoit aucune commission des plateformes de crowdfunding, des promoteurs, ni d'aucun autre acteur du secteur. Le service est financé uniquement par les utilisateurs (accès unitaire ou abonnement). Cette indépendance est la condition sine qua non de la valeur de l'analyse : une due diligence rémunérée à la commission ne peut pas être objective.
Pour toute question sur le service, un partenariat ou une démonstration :
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guardy propose des services numériques d'analyse documentaire et de génération de rapports de due diligence immobilière, notamment via extraction automatisée, scoring et production de synthèses.
Les services peuvent inclure : accès unitaire à un rapport, packs de crédits, abonnement, espace utilisateur avec historique et accès à des fonctionnalités complémentaires.
guardy n'est ni un cabinet d'avocats, ni un cabinet d'expertise comptable. guardy ne fournit pas de consultation juridique personnalisée, ne rédige pas d'actes adaptés à une situation individuelle et n'exerce pas d'activité de révision/tenue/comptabilité réglementée.
Les contenus, rapports et scores fournis ont une finalité informative et d'aide à la décision. Ils ne remplacent pas un avis professionnel (avocat, expert-comptable, CIF ou autre professionnel habilité).
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